
Dans son nouveau roman, l’auteur et cinéaste franco-afghan, Atiq Rahimi, raconte l’histoire d’un cinéaste afghan à Calcutta, en Inde, sur le point de se suicider, dévoré par une lassitude existentielle, notamment après un projet de film avorté. Au moment de passer à l’acte, il distingue au loin sur un bateau, une silhouette. Il reconnaît Kabuliwalla lui-même, le personnage qu’il devait filmer, et qu’il n’a pas su incarner.
C’est l’histoire d’un homme aujourd’hui qui raconte celle d’un écrivain du passé et de son personnage de la projection de l’un dans l’autre, d’un dédoublement.
Une mise en abyme
« Kabuliwalla » c’était le terme qu’on donnait aux Afghans qui suivra en Inde pour travailler, à l’époque des Indes britanniques.
Dans « Kabuliwalla, c’est moi »Atiq Rahimi effectue une mise en abyme. Porté par une nouvelle de Rabindranath Tagore, l’écrivain franco-afghan met en scène le destin entrelacé d’un cinéaste et de son protagoniste et réfugiés à Calcutta pour raconter l’exil.
Un roman inspiré par une nouvelle de Rabindranath Tagore
Rabindranath Tagore (1861-1941) est un poète, écrivain, philosophe et musicien indien. Il est la première grande figure littéraire asiatique à recevoir le prix Nobel de littérature, en 1913. Né à Calcutta dans une famille bengalie cultivée et engagée, il écrit très tôt poésie, théâtre, nouvelles et essais. Il fait partie des auteurs indiens les plus importants.
Kabuliwalla-« l’homme de Kaboul »- est le nom d’un personnage tiré d’une nouvelle, Kabuliwallah publié en 1892 et dans laquelle, Rahmat, un vendeur de fruits secs afghan exilé en Inde rencontre une jeune fille.
“L’exilé est toujours dans un sentiment de culpabilité permanente.”
Atiq Rahimi développe un jeu de miroirs entre lui, l’auteur exilé afghan venu en France, et le vendeur de fruits secs, exilé en Inde.
Inviter: Atiq Rahimi, né en 1962 à Kaboul, en Afghanistan est un écrivain, cinéaste et scénariste franco-afghan. Après avoir fui son pays en guerre, il trouve d’abord refuge au Pakistan avant de venir en France dans en 1984. Il étudie l’audiovisuel et commence une carrière de réalisateur de documentaires et de films de fiction. Il se fait d’abord connaître par ses romans écrits en persan, dont Terre et cendresqui sera adapté au cinéma et présenté au Festival de Cannes. Naturalisé français, il poursuit une œuvre à la croisée de plusieurs langues et cultures, où se mêlent récit intime, histoire politique et mémoire de l’exil.
En 2008, Atiq Rahimi reçoit le prix Goncourt pour Syngué sabour. Pierre de patienceson premier roman écrit directement en français.
Programmation musicale :
L’artiste Camille avec le titre « La terre ».

