La snowboardeuse Catalane a conservé son titre paralympique en snowboardcross à Milan-Cortina. À 51 ans, Cécile Hernandez assure auprès de l’Indépendant, savourer une victoire nourrie par des mois de travail aux Angles et une motivation intacte.
Lundi 9 mars 2026, en fin de journée, Cécile Hernandez est toujours sur son “petit nuage italien”. Plus de 24 heures après avoir remporté une nouvelle médaille d’or paralympique, dimanche 8 mars à Cortina, la Catalane de 51 ans peine encore à réaliser. Mais une chose est certaine, ce sacré n’a rien d’un hasard. Championne paralympique sortante après son titre décroché à Pékin en 2022, la porte-drapeau de l’équipe de France a confirmé son statut en remportant l’épreuve de snowboardcross dès le deuxième jour des Jeux paralympiques d’hiver de Milan-Cortina.
“Elle est là, à côté de moi sur la table de chevet. Je la regarde et je suis tellement fière de tout ce que j’ai fait”confie la snowboardeuse, encore émue. “Je la mérite cette médaille, parce que j’ai travaillé pour ça. Ce n’est pas de la chance.”
La veille, lors de la manche de classement, la Française avait déjà donné le ton en signant le deuxième temps derrière l’Américaine Brenna Huckaby, ce qui lui permettait d’accéder directement aux demi-finales. Sur une piste rapide, “la guerrière des Angles” a parfaitement négocié cette étape. Opposée notamment à l’Américaine Kate Delson, vice-championne du monde l’an dernier, elle a pris le meilleur départ avant de voir deux concurrentes se percuter derrière elle, lui ouvrant la voie vers la finale. Très bien sortie du portillon, elle a pris la tête dès les premiers mètres et n’a plus quitté la première place jusqu’à la ligne d’arrivée pour s’offrir un deuxième titre paralympique consécutif.
On a travaillé le mental, le bonheur de faire du snowboard et la flamme qui m’anime
Avant de s’élancer, la snowboardeuse s’est répétée une phrase devenue un véritable mantra. “Au départ, je me suis dit deux choses, je suis chez moi et je vais descendre en patronne pour aller chercher cette médaille.” Une façon de retrouver les sensations accumulées ces derniers mois dans sa station des Angles, dans les Pyrénées-Orientales. “Je suis fière d’être pyrénéenne. Ma station m’a permis de m’entraîner dans des conditions incroyables pour préparer cette échéance. On a travaillé le mental, le bonheur de faire du snowboard et la flamme qui m’anime.”
Avec son coach privé Matthias Menendez et son préparateur mental Christian Ramos, la Catalane a multiplié les étapes de préparation dans la station du Capcir. “On s’est matraqué cette phrase et j’avais envie de garder cette vibration des Angles pendant toute la course et les sensations que j’y avais trouvées.”
Mais ce nouveau sacré prend aussi une dimension particulière pour la snowboardeuse, atteinte d’une sclérose en plaques. “C’est complètement incroyable de garder ce titre avec une maladie qui progresse. Dimanche, à l’arrivée, une personne comptait plus que toutes les autres, sa fille Victoire-Eléonore, venue assister à la course. “Je l’ai fait sous les yeux de ma fille qui m’attendait à la ligne d’arrivée. Je ne la remercieai jamais assez pour tout ce qu’elle fait pour moi. Cette médaille, c’est la sienne, c’est la nôtre.”
Encore portée par l’émotion, Cécile Hernandez pense déjà à la suite. Elle pourrait en effet ajouter une nouvelle médaille à son palmarès ce samedi 14 mars lors de l’épreuve de banked slalom. Avant, peut-être, de revenir célébrer ce nouveau sacre en terre catalane. “J.e serai très fier de revenir fêter ça avec tous ceux qui me soutiennent. Tous les messages que je reçois, c’est absolument formidable et ils me portent.
Du haut de son petit nuage italien, Cécile Hernandez savoure, mais elle se prépare pour la suite et cette deuxième épreuve avec le soutien de ses proches et de tout un département qui pousse derrière elle.

