Directeur général des sports et de la vie fédérale, Adama Doumbia détaille les missions, les ambitions et les priorités de la DGSVF. De la structuration des fédérations à la préparation des compétitions internationales, en passant par la promotion du sport de masse, il revient sur les grands chantiers pour faire du sport un véritable levier de cohésion, de santé publique et de développement.
Le Patriote : Comment peut-on définir la Direction générale des sports et de la vie fédérale ?
Adama Doumbia : La Direction générale des sports et de la vie fédérale est l’instance chargée de coordonner l’ensemble des actions de l’État en matière sportive, en lien étroit avec ses partenaires que sont les fédérations sportives nationales et les organisations sportives internationales. Elle assure l’animation du sport sur toute l’étendue du territoire national, notamment à travers les directions départementales et régionales, qui constituent autant de relais opérationnels indispensables à la mise en œuvre des politiques publiques sportives. La DGSVF est également la gardienne du programme Sport logé au ministère des Sports, conformément à la logique de gestion par programme adopté par la Côte d’Ivoire en référence aux principes de Luanda et aux autres cadres de gouvernance sportive internationale. Ce programme Sport est transversal : il fédère les activités de plusieurs unités administratives, notamment l’Office ivoirien des sports scolaires et universitaires (OISSU) et l’Office national des sports (ONS), ce qui garantit une cohérence d’ensemble dans l’animation du sport ivoirien, de la base jusqu’au niveau élite. Structurellement, la Direction générale se compose de trois directions centrales : la Direction du sport de haut niveau et de la vie fédérale, qui accompagne les fédérations et les athlètes de pointe ; la Direction du sport de masse et du genre, qui veille à la démocratisation de la pratique sportive et à l’inclusion des femmes dans le sport ; et la Direction de la professionnalisation du sport et de l’économie sportive, qui œuvre pour faire du sport un véritable secteur économique structuré. Pour résumer, la DGSVF a une mission fondamentale de conduire la politique nationale du sport, en cohérence avec les différents Plans nationaux de développement (PND) définis par le gouvernement ivoirien.
LP : Quelles sont les missions fondamentales de la Direction Générale des Sports ?
ANNONCE : Nos missions s’inscrivent pleinement dans la vision du ministre des Sports, Adjé Silas Metch, telle qu’il l’a dévoilée lors de sa présentation de vœux du Nouvel an. Il s’agit d’abord de mieux structurer les fédérations sportives nationales afin de réduire les conflits internes à leur plus simple expression, grâce à un accompagnement renforcé de l’État sur le plan juridique et organisationnel. Il s’agit ensuite d’activer l’ensemble de nos processus de renforcement de l’offre d’espaces adaptés à la pratique sportive et de dynamiser les activités sportives au niveau des collectivités décentralisées, en nous appuyant sur les directions régionales et départementales. Cette vision prévoit également la mobilisation des partenaires étrangers et des pays amis de la Côte d’Ivoire pour sa concrétisation. L’enjeu central demeure le développement du sport de masse et du sport pour tous, afin que les infrastructures et les investissements consentis par le pays profitent au plus grand nombre d’Ivoiriens. Nous sommes convaincus que la pratique sportive contribue à améliorer les conditions de vie des populations, à renforcer leur bien-être et leur espérance de vie, et à les outiller pour relever les défis du développement national.
LP : Quels sont les objectifs majeurs pour 2026 ?
ANNONCE : Le grand rendez-vous immédiat est la préparation de la Côte d’Ivoire aux Jeux Olympiques de la Jeunesse qui se tiendront à Dakar entre octobre et novembre 2026. C’est une compétition fondamentale qui nous permet d’exposer notre jeune génération au plus haut niveau continental et mondial. Dans la même dynamique prospective, nous nous projetons sur les Jeux Africains du Caire en janvier 2027, puis sur les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028. Ces trois échéances forment une trajectoire cohérente qui structure notre planification sportive à moyen terme. Par ailleurs, le basket-ball ivoirien représente un levier de fierté supplémentaire. Nos jeunes, champions en 2017, ont prouvé notre capacité à exceller sur la scène internationale, et nous comptons capitaliser sur cet héritage pour les prochaines compétitions africaines et mondiales de la discipline.
LP : Comment se fait la préparation des compétitions internationales ?
ANNONCE : Elle se fait selon les normes nationales et internationales en vigueur. Le gouvernement marque son engagement en dotant chaque année un fonds dédié d’environ 250 millions de francs CFA. Ces ressources permettent aux sportifs de haut niveau de bénéficier de conditions de préparation optimales. Le processus est rigoureux, les athlètes ou leurs fédérations soumettent un acte de candidature, que la DGSVF examine avant de statuer sur l’attribution des subventions. C’est dans ce cadre que Cheick Cissé se prépare actuellement en Espagne, et que Guy Ossein, notre jeune espoir de l’athlétisme, perfectionne sa préparation en Italie. D’autres athlètes bénéficient également de ces bourses pour se préparer dans les meilleures conditions à leurs échéances sportives internationales.
LP : Qu’est-ce qui vous permet de savoir que les objectifs sont atteints ?
ANNONCE : Les indicateurs que nous utilisons pour mesurer l’efficacité de notre action portent d’abord sur le volume d’activités des fédérations sportives, qu’elles soient civiles, scolaires ou universitaires. Le nombre de compétitions organisées, la régularité des championnats nationaux, le taux de participation des licences et la progression du nombre de fédérations actives constituant autant de signaux que nous suivons avec attention tout au long de l’année. Mais la DGSVF ne se contente pas d’observateur, elle peut également prendre des initiatives directes sur le terrain, grâce à l’action coordonnée de nos 37 directeurs départementaux et régionaux. Ces cadres sont nos yeux et nos bras dans toutes les régions du pays. Ils remontent les informations, signalent les besoins et mettent en œuvre les programmes de manière contextualisée. C’est tout le sens des animations sportives organisées partout en Côte d’Ivoire, dans les villages comme dans les grandes villes, notamment pendant les vacances scolaires. Ces manifestations remplissent une double fonction essentielle, elles permettent à la fois de démocratiser la pratique sportive sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones les plus reculées, et d’identifier les talents émergents pour les orienter vers les structures de formation et de compétition appropriées. Le sport de haut niveau commence toujours par cette détection à la base.
Par Zana Coulibaly

