Par
Lucie Vigué
Publié le
Sur son histoire, c’est un homme plutôt discret. Didier Riedlingler habite à Lafitte-sur-Lot (Lot-et-Garonne) depuis 10 ans. Il est connu au village, car très investir. Dans la vie associative d’une part, mais aussi dans la vie municipale. Il siège au conseil municipal depuis 2020. Il est aussi un champion olympique handisport multimédaillé. À l’approche des JO de Paris 2024c’est avec émotion qu’il revient sur son parcours durant lequel il a obtenu quatre médailles d’or olympique et deux de bronze.
Une chance pour les athlètes
Ses premiers Jeux Olympiques? Il étaient en France, à Albertville en 1992. Il faisait partie de la toute première équipe de France de ski handisport. Il est arrivé 6ème aux trois cours. « L’important, c’est de participer » disait justement Pierre de Coubertin qui a créé les Jeux Olympiques.
En tout cas, ce retour en France des Jeux Olympiques réveille en Didier Riedlingler de grands souvenirs.
C’est toujours une satisfaction de participer aux JO, mais encore plus dans son propre pays
Depuis 20 ans, c’est à la télé qu’il convient à cette compétition mondiale. Fan de sport, il ressent toujours une émotion particulière, surtout quand un Français grimpe sur le podium. Cela le ramène il ya tout pile 30 ans, en 1994, à Lillehammer en Norvège.


Pour sa deuxième participation aux JO, il remportait quatre médailles d’or alors que « je visais le bronze » explique l’athlète.
C’est impressionnant quand on est sur le podium, entendre l’hymne national… ça fait chaud au cœur, ya des larmes et tout
Quatre ans plus tard, en 98, à Nagano au Japonil ramène deux médailles de bronze en relais et biathlon paralympique. 2022, Salt Lake City (États-Unis), « le handisport s’était beaucoup développé… il y avait beaucoup de militaires qui étaient des revenus de guerre amputés ». Cette année-là, pas de médaille, mais Didier Riedlinger était capitaine et porte drapeau pour la France. Les JO suivantes, en 2006, à Turin en Italiec’est en qualité d’entraîneur qu’il participera aux jeux paralympiques.
Souvenirs de sacrés
De cette période, Didier Riedlingler ne garde que de bons souvenirs. Notamment cette grande fête organisée par son village à son retour des JO 94, « il y avait des centaines de personnes ».
Cette période, « ça m’a permis de rencontrer pas mal de monde » sourit-il en se souvenant d’une anecdote : « Sébastien Loeb était venu de Suisse en hélicoptère pour me remettre la Légion d’honneur ». La médaille du mérite, il la recevra du président Mitterrand.
Tous ses souvenirs sont bien rangés dans une boîte en carton, chez lui. Il n’a gardé qu’une seule des médailles qu’il a remportées, en or. « À l’époque, sur gagnait 1000 francs par médaille d’or paralympique. Aujourd’hui, ça a bien changé ». Les autres médailles ont été vendues ou sont dans un musée.
Du ski assis, à cause d’une grave chute d’un toit
Didier Riedlinger a toujours été sportif. Jeune, il pratiquait la course à pied, le cyclisme et le ski de fond « sans jamais penser aux JO. C’était un rêve, mais je savais que ce n’était pas possible« .
Sa vie a basculé à l’âge de 25 ans. Charpentier, il est tombé d’un toit. « La barrière de sécurité a cédé et je suis tombé dans le vide » se souvient-il. Il a alors fait une chute de 12 mètres.
« Les premiers mois ont été très difficiles. En 1986, il n’y avait pas de grand-chose pour le handisport.
Sportif dans l’âme, il a persévéré, « je suis allé voir une course à pied, et j’ai rencontré un gars qui faisait le semi-marathon en fauteuil roulant… » Cet athlète handicapé lui a prêté un fauteuil pour qu’il essaie. Huit mois après le début de sa rééducation, il prenait une licence handisportà Soultzeren près de Munster.

C’est en 1991 que la fédération handisport le contacte, « il voulait monter une équipe de ski de fond assis pour les JO d’Albertville. Ils étaient prêts à tout le matériel ». Défi accepté pour Didier Riedlingler.
J’ai pratiquement retrouvé les mêmes sensations qu’avant mon accident. J’ai continué…
La suite, on la connait. Ce Lafittois discret est multichampion olympique. Et c’est devant sa télé qu’il va suivre les JO Paris 2024, plus particulièrement le vélo et l’athlétisme.
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