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    Home » Guerre au Moyen-Orient. « On peut être engagé sur des théâtres d’opérations sans l’avoir décidé »
    March 13, 2026

    Guerre au Moyen-Orient. « On peut être engagé sur des théâtres d’opérations sans l’avoir décidé »

    news30By news30March 13, 2026 International 5 Mins Read
    Guerre au Moyen-Orient. « On peut être engagé sur des théâtres d’opérations sans l’avoir décidé »
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    Dans quelle proportion les importants moyens déployés par la France en Méditerranée depuis le début de l’attaque américano-israélienne sur l’Iran, impactent-ils nos capacités militaires globales ?

    « D’abord, sur les 23 navires majeurs dont on dispose, il y en a 19 qui sont à la mer aujourd’hui. En plus du porte-avions Charles de Gaulle et son groupe aéronaval, sur un 8 frégates, 2 porte-hélicoptères amphibies, 2 ravitailleurs et sans doute, ça n’est évidemment pas dit, des sous-marins. Ça veut dire quand même une masse assez considérable de personnels. Sur le porte-avions, il y a plus de 2000 personnes. Sur une frégate, c’est à peu près 120 personnes. Ce qui est inquiétant aujourd’hui, c’est que nous sommes le seul pays européen en capacité de déployer une armada aussi importante en Méditerranée, alors qu’on veut construire un modèle de coopération européenne en matière de défense, qu’on veut un pilier européen de l’OTAN, etc. Je pense qu’on a aussi des leçons à tirer de tout ça ».

    Ce déployé entraîner-t-il des surcoûts opérationnels pour l’armée française ?

    « Nos bateaux étaient déjà à la mer et le Charles de Gaulle avait été envoyé au large de la Norvège pour un signal stratégique vis-à-vis de la dernière crise en date, c’est-à-dire celle qui concernait le Groenland. Le coût reste donc relativement identique à ce stade. Le seul sujet, c’est qu’on ne peut pas être partout à la fois et que si les navires français sont au large de Chypre, ils ne sont pas ailleurs, car on ne peut pas se déployer de manière infinie. Sur le coût, les choses peuvent changer si la France est amenée à tirer des munitions en nombre important qui sont, pour certaines d’entre elles, particulièrement chères. Plusieurs millions d’euros pour un seul (missile) intercepteur par exemple. Le sujet, c’est la capacité qu’on a à avoir suffisamment de munitions pour assumer un certain nombre de missions ».

    « Il y a toujours des risques »

    Cette projection aéronavale de la France en Méditerranée peut-elle fragiliser sa capacité à protéger son territoire national ?

    « Potentiellement, il y a toujours des risques. Après, pour l’instant, l’essentiel des conflits se déroule dans le détroit d’Ormuzau Moyen-Orient, dans des secteurs qu’on connaît bien. La France un certain nombre d’accords de défense avec ces pays et le fait de déployer, pour l’instant juste au large de Chypre, je le rappelle, notre force aéronavale et un certain nombre de nos navires a pour objectif évidemment d’honorer ces accords de défense, mais ce n’est pas depuis Chypre qu’on défendra, qu’on assurera la défense des pays du Golfe. Donc il faut relativiser, c’est (avant tout) une posture ».

    Le Budget des armées, bien que revu à la hausse pour 2026, est-il adapté ou pas à ces configurations imprévues d’opérations extérieures des forces françaises ?

    « Dans la loi de programmation militaire votée en 2023 (pour la période 2024-2030, NDLR), il avait été décidé qu’on limitait l’engagement sur des opérations extérieures, ce qui n’avait pas beaucoup de sens parce que ce n’est pas forcément nous qui décidons. Comme on dit, il faut être deux pour faire la paix, mais il suffit d'(être) un pour faire la guerre. Donc on peut être engagé sur des théâtres d’opérations sans l’avoir nécessairement décidé. Depuis quelques années, les opérations extérieures de la France avaient un coût qui évitait le milliard et demi d’euros par an. Quand on avait Barkhane, Sangaris, Serval ou autres, c’était à peu près le montant qui y était consacré. Il est bien évident que tout ça aujourd’hui a un peu « explosé en vol » avec l’aide à l’Ukraine ou l’aide à certains de nos alliés. L’idée (de l’actuelle loi de programmation militaire 2024-2030), c’était d’arriver en 2030 à un budget (annuel) de l’ordre de 67-69 milliards d’euros pour les armées françaises. Au mois de juillet dernier, le président de la République et le ministre des Armées (Sébastien Lecornuaujourd’hui Premier ministre NDLR) ont annoncé, que l’objectif était plutôt 90-100 milliards désormais à l’horizon 2030 (contre 57 milliards en 2026, NDLR) ».

    De quel type de matériels de riposte conventionnelle on a besoin prioritairement aujourd’hui ?

    « On a besoin de masse et de sacrifiable, c’est-à-dire de matériels pas chers et qu’on est en capacité d’accepter de perdre, parce que l’évolution d’une utilisation des drones est ainsi faite que ce sont des matériels quasiment « one shot ». En Ukraine, à peu près 1,3 million de drones ont été utilisés de part et d’autre des belligérants en 2025. Donc c’est absolument considérable. Le Président de la République va être mercredi prochain à Nantes, chez Naval Group, pour lancer le nouveau porte-avions français. C’est très bien et la DGA (Direction générale de l’armement) est un outil extraordinaire pour lancer ce genre de programme mais j’ai la faiblesse de penser que sur les programmes (d’armements) qui nécessitent de l’agilité, de la rapidité, de la captation d’innovation, comme c’est le cas sur les drones, nous sommes moins bons ».

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