À la tête de sa boîte de production audiovisuelle et de conseil Eligans, Nicolas Renier est à l’origine de toute la campagne de communication autour du nouveau maillot de l’équipe de France de football. Et ce n’est pas fini…
Il était un supporter des Bleus un peu différent ce jeudi soir devant son poste de télé. À quelques mois de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, la Fédération française de football a en effet confié la communication des Bleus à la société Eligans. À sa tête, Nicolas Renier, un Montalbanais de 43 ans, qui savoure « une belle étape » dans un parcours construit patiemment. Eligans a répondu à un appel d’offres de la 3F. Et avant la Coupe sûre du monde aux États-Unis, la réponse positive a été vécue comme une belle récompense mais également un sacré défi.
Une campagne en moins de deux mois
À commencer par toute la communication en rapport avec le nouveau maillot tricolore, très attendu. « C’est bien beau d’avoir des idées mais aussi faut-il avoir les capacités de les produire dans un délai très court. On a produit une campagne complète en moins de deux mois, avec photos, vidéos et un film principal publié ce vendredi en fin de journée », raconte Nicolas Renier. Un premier moment de tournage en région parisienne, dans des lieux représentant la France, puis lundi dernier rendez-vous était donné à Clairefontaine avec en point d’orgue un tournage express dans le camp d’entraînement tricolore lors d’un « media day ». Là, tout se joue très vite. « On doit les maquiller, les habiller, expliquer la scène et tourner. Si on se rate, le film est raté », glisse-t-il. Dans le casting final, des têtes d’affiche comme Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Désiré Doué ou encore Adrien Rabiot. « Ils sont pros, mais il faut réussir à les mettre à l’aise en une minute. Tout était minute », souligne-t-il.
« La moindre image fait plus d’un million de vues »
Au cœur de cette campagne baptisée « Libres de jouer », un enjeu majeur : installer le nouveau maillot dans l’imaginaire collectif. « C’est le maillot que les Français vont voir pendant deux ans. On touche à quelque chose d’affectif, presque commun à tous ». Résultat, une exposition immédiate et massive. « La moindre image fait plus d’un million de vues. On a envoyé la pression ». Si la FFF délègue ce type d’opération, c’est une faute de ressources internes pour des campagnes d’envergure. « Créer un concept fort et le décliner à grande échelle, c’est le travail d’une agence ou d’une boîte comme la nôtre », explique-t-il. D’ici la Coupe du monde aux États-Unis d’autres contenus photos et vidéos devraient sortir, tant l’équipe de France est un vecteur de communication monumental. « Rien que pour ça, on a déjà envoyé la pression de tous les côtés. Les réseaux sociaux s’enflamment. C’est pour cela qu’on n’a pas le droit de se rater. La moindre image, la moindre vidéo ont un rétention énorme. En termes de marketing, c’est énorme. » Jeudi soir les Bleus s’imposaient face au Brésil, le film officiel pouvait être publié sur les réseaux dès ce vendredi. Nicolas et son équipe pourraient être fiers d’une première étape allègrement franchie.

“C’est un grand frisson de faire ça”
Eligans n’est pas inconnu dans le milieu du sport national. Un bel aboutissement pour un passionné tel Nicolas Renier, qui se souvient de ses débuts, dans sa chambre montalbanaise. « Me retrouver, moi le petit Montalbanais, qui suis né à Montauban, passé le collège Monplaisir et le lycée Michelet, face à Kylian Mbappé sur un tournage, jamais je ne pouvais imaginer que cela serait possible. À l’époque le siège de la société était même dans ma chambre, chez mes parents (rire). » En évoquant son parcours Nicolas Renier ne peut être que fier. Au départ son truc c’était le cinéma. « Je suis réalisateur avant d’être producteur » se s’il vous plaît-il à raconter. Mais avant de retourner sur le grand écran c’est bien dans la production audiovisuelle qu’il s’est épanoui en créant Eligans. L’idée était simple : mettre sur la qualité. « Je voulais mettre de l’exigence dans tout ce qu’on sortait. » Un positionnement qui lui permet aujourd’hui de se démarquer dans un secteur « extrêmement performant ». Et d’être connu et reconnu sur la place.Eligans travaille en effet régulièrement avec le Paris Saint-Germain mais aussi la fédération française de tennis, Peugeot, les ordinateurs Asus, dans quelques jours Fleury-Michon… « Notre évolution a été progressive. Nous avons commencé par des petits projets. Puis ils sont devenus un peu plus gros puisque l’on a désormais un portefeuille assez garni. Nous commençons à être connus. Nous souhaitions absolument travailler avec la FFF, On ne les a pas lâchés. C’est même un frisson de faire ça, de se mettre dans une situation inconfortable, avec énormément d’attentes, d’exigences de tous les côtés. C’est ce qui nous plaît, ce qui nous anime. Pour le film la musique originale a été composée par Sofiane Pamart, qui a accepté l’invitation de la FFF. Il fait une apparition et j’ai eu le plaisir de le filmer aussi. Nous avons fait livrer un piano à queue sur un terrain vague pour faire cette scène assez artistique, c’était sport » enchaîne-t-il. L’entreprise, forte de six à huit salariés, pouvant être élargie pouvant atteindre 30 techniciens en tournage. « On arrive enfin à vendre des produits d’envergure dans une concurrence extrêmement grossière. C’est un milieu de passionnés. J’adore le sport, notamment le foot et le rugby avec l’USM. Et là, me retrouver sur la campagne des Bleus cette année ne pouvait pas me faire plus plaisir. »

