
Des experts de l’UE et de la FAO ont pris part aux travaux aux côtés des parties ivoirienne et ghanéenne. (Téléphone : Dr)
Les experts de l’Initiative cacao Côte d’Ivoire – Ghana (Iccig) étaient réunis à Abidjan les 14 et 15 avril 2026. Objectif : préserver un secteur vital qui fournit plus de 60 % du cacao mondial.Iccig
En s’attaquant directement aux cacaoyers, il entraîne une baisse progressive des rendements, avec des conséquences lourdes pour les économies des deux pays, qui dominent la production mondiale. Pour Joseph Neymah, il est temps de changer de regard sur la filière en s’attaquant aux causes profondes de la baisse de production plutôt que de se focaliser uniquement sur les cours du cacao.
La stratégie présentée par François N’Guessan Kouamé, du Centre national de recherche agronomique, repose sur une approche globale. Elle combine une surveillance accrue des plantations, la détection précoce des arbres infectés, l’amélioration des rendements et le développement de variétés résistantes. L’enjeu est de taille. Au Ghana, plusieurs centaines de milliers de producteurs sont déjà exposés à cette maladie, tandis que la pression s’accentue également en Côte d’Ivoire.
Parmi les mesures envisagées figure l’abattage des arbres infectés. Une décision radicale mais jugée indispensable par les experts, même si elle suscite des réticences chez certains producteurs. D’où la nécessité, insistent-ils, de renforcer les actions de sensibilisation afin de faire comprendre les enjeux à long terme.
Pour Ali Coulibaly, cette lutte dépasse le cadre technique. « C’est un impératif économique », at-il souligné, rappelant que la survie de la filière conditionne directement les revenus des planteurs. Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par de nouvelles exigences du marché international.
L’Union européenne, premier acheteur de cacao, insiste désormais sur la traçabilité des produits, notamment dans le cadre de la lutte contre la déforestation. Son ambassadeur en Côte d’Ivoire, Irchad Razaaly, a réaffirmé l’engagement de l’UE à accompagner les deux pays, tant sur le plan financier que technique.
Pour Alex Assanvo, secrétaire exécutif de l’Iccig, cet atelier marque une étape importante dans la coordination des actions entre Abidjan et Accra. Au-delà des enjeux immédiats, il s’agit surtout de garantir l’avenir d’une filière qui demeure un pilier essentiel des économies ouest-africaines.
