La lecture est toujours une aventure que l’on imagine individuelle, un plaisir solitaire, mais Thibault Lepage affirme qu’elle peut être collective et partagée. Et dans un petit livre vert, il énumère les 17 manières, les 17 exercices pour lire ensemble. Dessinateur et anthropologue, il s’intéresse aux pratiques de la lecture avec ce livre : Lire ensemble.
Dans son livre Lire ensembleThibault Lepage explore les formes contemporaines et anciennes de lecture collective. L’auteur y propose 17 manières de lire à plusieurs, remettant en question l’idée que la lecture serait uniquement un acte solitaire.
Son livre s’inscrit dans un moment où l’on débat au sujet de la concentration, de la faculté à lire individuellement et de l’essor des intelligences artificielles capables de « synthétiser des masses de textes ». Pourtant, il observe parallèlement un regain de pratiques de lecture collective, plus visibles dans les milieux artistiques et de recherches.
Lire ensemble, ici, je l’entends plutôt comme le fait de lire avec les autres, parfois pour les autres, grâce aux autres, en ayant besoin des autres.
Notre invité définit la lecture collective comme le fait de lire avec, pour et grâce aux autres, en valorisant l’oralité et l’échange. Il rappelle que ces pratiques sont anciennes, comme les clubs de lecture apparus au milieu du XIXe siècle.
L‘arpentage, un geste manifeste
Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’association Peuple et Culture va élaborer de nouveaux protocoles de lecture collective : les arpentages.
L’arpentage est une pratique de lecture collective qui consiste à prendre un livre, à réunir un groupe de participants, puis à découper physiquement le texte en autant de fragments qu’il ya de lecteurs. Chacun lit sa portion du texte, prend des notes, puis restitue oralement sa lecture au groupe en la synthétisant. « De cette manière-là, on acte le fait qu’on lit pour les autres, qu’on a aussi besoin des autres pour comprendre le texte », que la compréhension du livre dépend de la contribution de chacun. Il instaure une véritable attention à l’autre et fait émerger « une forme d’oralité et de polyphonie » autour de l’ouvrage.
L’arpentage ouvre à la discussion, à l’interprétation et à la confrontation des points de vue. Thibault Lepage insiste : « Toute idée doit être confrontée à d’autres vies que la nôtre. » « Le livre est un objet politique, un objet à la fois conceptuel, intellectuel, mais aussi un objet qui est dans la société, qui est dans le monde, partout autour de nous, donc un objet politique.. »

« Mettre une disquette »
Et, comme tous les mercredis, Lucie Bouteloup décrypter une expression bien connue de la langue française dans sa chronique La puce à l’oreille avec la complicité de la lexicographe Géraldine Moinard des éditions Le Robert. Et, cette semaine, Lucie décrypte pour vous l’expression « Mettre une disquette ».
Programmation musicale : Michel Houellebecq – « Ils chevauchaient le vent »


