Warren Davidson et Barry Moore ne sont pas les personnalités politiques les plus en vue de Washington. Mais les deux élus républicains de la Chambre des représentants, respectivement de l’Ohio et de l’Alabama, sont parmi les trumpistes les plus acharnés. Au point de vouloir sauver les Etats-Unis d’un mal qui, estime-ils, rongerait le pays : le Syndrome de dérangement de Trump, une obsession paranoïaque dont les opposants au président, qui auraient perdu tout sens des réalités, souffriraient. En mai 2025, les deux parlementaires ont déposé une proposition de loi (pas encore examinée par leurs collègues) visant à imposer aux National Institutes of Health, l’agence fédérale consacrée à la recherche médicale, de se pencher sur cette « épidémie qui touche la gauche », « cet état d’esprit toxique » qui un « divisé les familles, le pays, et provoqué un climat de violence nationale ».
Le Syndrome de dérangement de Trump (TDS) frappe-t-il le camp démocrate ? A en croire la sphère trumpiste, des éditorialistes de médias conservateurs aux élus républicains, en passant par le président lui-même, oui. Dénoncer l’influence russe dans l’élection de 2016 ? Un symptôme évident de TDS. Accuser le cercle qui gravite autour de Donald Trump de collusion avec le monde des affaires ? TDS. Nier l’existence du état profond, cet « Etat profond » qui présiderait secrètement aux destinées des Américains ? TDS. Remettre en cause les expulsions de migrants et les juger contraires à la Constitution ? TDS. Le syndrome permet de balayer toutes les attaques, puisque celui qui en est l’auteur serait victime de cette supposée maladie mentale.
Il vous reste 79,67% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

