Il ya un peu plus de 20 ans, Maia Schwinghammer chaussait ses premiers skis, tractée par une motoneige sur les glaces du lac Christopher. Aujourd’hui, la jeune femme de Saskatoon s’apprête à représenter le Canada aux Jeux olympiques d’hiver en Italie, forte d’une maturité acquise au fil des épreuves et d’une préparation mentale rigoureuse.
La passion pour le ski est une affaire de famille chez les Schwinghammer. Les parents de l’athlète de 24 ans géraient autrefois la station de Mount Blackstrap, où Maia a appris les rudiments du sport en toute liberté avec son frère et sa sœur. Son père, Rick, était lui-même un skieur de style libre spécialisé en ballet
.
J’ai eu la chance de voyager un peu avec lui et de contracter le virus du freestyle
se souvient-elle. Mais c’est en regardant les Jeux olympiques de Vancouver en 2010, à l’âge de huit ans, qu’elle a eu une révélation. C’était un moment incroyable. Je me suis dit : je veux devenir une athlète olympique
raconte-t-elle.
La résilience comme moteur
Le parcours de Maia Schwinghammer n’a pas été un long fleuve tranquille. En 2019, la skieuse de boss saskatchewanaise se casse la clavicule lors des championnats du monde, une blessure qui aurait pu freiner ses ambitions. Puis vint l’année 2022. Aux portes de la qualification pour les Jeux de Pékin, elle occupe environ le 20e rang mondial, juste assez loin pour rater son billet.
Avec le recul, Maia voit cet échec comme une bénédiction déguisée.
Si j’étais allée aux Jeux en 2022, j’y serais allée en tant que participante. En février prochain, j’irai en tant que véritable compétitrice. Ne pas y être allée m’a donné cette motivation supplémentaire pour pousser aussi fort que possible pendant quatre ans
insiste-t-elle.
Maia Schwinghammer occupait le troisième rang mondial en bossant l’an dernier. Aujourd’hui classée parmi les meilleures au monde, elle attribue une grande partie de son succès à son travail psychologique. Depuis quatre ans, elle collabore étroitement avec un préparateur mental pour maîtriser le stress des grandes compétitions.
C’est pour moi la fête la plus importante. Je fais beaucoup de méditation, beaucoup de visualisation. Juste pour me calmer, pour ne pas être toute mêlée dans ma tête lors des situations de haute pression
confie-t-elle.
Cette force mentale a été mise à l’épreuve lors de sa qualification olympique. Elle devait obtenir deux podiums lors d’événements sélectionnés. Après une victoire historique à domicile lors de la Coupe du monde de Val Saint-Côme, elle a dû attendre la toute dernière chance, aux championnats du monde, pour arracher une troisième place synonyme de billet pour les Jeux.

Après avoir frôlé la qualification en 2022, la skieuse de bosss saskatchewanaise s’envole pour les Jeux de février avec un statut de prétendante sérieuse au podium.
Photo : Radio-Canada / Thomas Simon
Boucler la boucle à Saskatoon
Juste avant son départ pour l’Italie et les Jeux, Maia Schwinghammer est revenue s’entraîner à Saskatoon, sur un saut spécialement aménagé pour elle par le club de freestyle local à Optimist Hill. Un moment qu’elle qualifie de cercle complet
.
C’est spécial. C’est ici que tout a commencé. Voir les petits qui me regardent sauter et qui m’encouragent, c’est vraiment cool. Je veux être un modèle pour eux, comme Jennifer Heil l’a été pour moi
explique l’athlète qui n’hésite pas à donner des conseils aux jeunes skieurs entre deux sauts.
Rick Schwinghammer, qui a vu passer de nombreux athlètes depuis ses premiers Jeux en 1988, observe le succès de sa fille avec fierté, mais aussi une grande sagesse. Sur un déjà gagné. Peu importe le résultat, l’important est qu’elle s’amuse, car si elle ne prend pas de plaisir, ce ne sera pas un succès
dit-il.
Pour Maia Schwinghammer, l’objectif est d’atteindre son plein potentiel. Et si cela est traduit par une médaille rapportée à Saskatoon, ce sera le point culminant d’un voyage entamé il y a deux décennies sur les petites collines de la Saskatchewan.
Avec les informations de Rosalie Arsenault
