Par la voix de Marco Rubio, Washington veut forcer la main à Cuba. Le chef de la diplomatie américaine a déclaré ce mardi que les mesures annoncées la veille par La Havane, permettant à la diaspora cubaine d’investir sur l’île et d’y détenir des entreprises privées, étaient loin d’être « suffisantes ». « Cuba est une économie qui ne fonctionne pas et le système politique et gouvernemental est incapable d’y remédier. Il leur faut donc opérer un changement radical », a déclaré à la Maison Blanche celui qui est lui-même d’origine cubaine et fervent opposant au pouvoir communiste à La Havane.
« Ils parlent avec Marco, et nous allons très bientôt faire quelque chose concernant Cuba », a affirmé pour sa part le président Donald Trump. Lundi, il avait dit « croire » qu’il « aura l’honneur de prendre Cuba », sans préciser exactement ce qu’il entendait par ce verbe.
Le même jour, La Havane avait annoncé que la diaspora, notamment celle qui vit aux États-Unis, va pouvoir investir à Cuba dans de nombreux secteurs, notamment les banques, l’agriculture, le tourisme, les mines et les infrastructures. Le gouvernement, en pourparlers avec les États-Unis, a rappelé cependant que l’embargo américain en vigueur depuis 1962 restait un frein aux relations avec les entreprises de ce pays.
Sanctions américaines ou sous-investissement du gouvernement cubain
Mardi, le pays de 9,6 millions d’habitants s’efforçait de rétablir le courant sur son territoire après une nouvelle coupure électrique générale survenue la veille. A la mi-journée, près de 45% des foyers de La Havane, où vivent 1,7 millions d’habitants, avaient de nouveau du courant, a annoncé la compagnie nationale d’électricité (UNE). La compagnie d’électricité tente à présent d’augmenter la production électrique pour que le courant parvienne dans les foyers. « La crainte que nous avons tout le temps c’est que la coupure s’éternise et qu’on perd le peu que nous avons au frigo car tout coûte cher », a témoigné dans la matinée une retraitée de 64 ans vivant dans la capitale.
« Pour le reste, on s’habitue car ici on se couche et on se lève sans lumière » à cause des délestages quotidiens, dit-elle.
Cette panne électrique générale est la sixième en moins d’un an et demi. Début mars, les deux tiers du territoire, dont La Havane, avaient déjà été touchés par une coupure massive. Le gouvernement cubain affirme que les sanctions américaines l’empêchent de réparer son réseau électrique vieillissant, mais des économistes relèvent également le sous-investissement chronique de l’Etat dans ce secteur.

