Entre promesses d’exposition à l’international et accords commerciaux, la finale de la première édition de la Coupe de la Ligue féminine a été délocalisée à Abidjan, théâtre samedi d’un choc entre les deux superpuissances françaises, l’OL Lyonnes et le PSG.
« On a créé la Coupe de la LFFP (Ligue féminine du football professionnel) cette saison pour intensifier le calendrier des équipes non européennesa rappelé Paul-Hervé Douillard, son directeur général. Elle a été financée par un partenariat avec le ministère des Sports de la Côte d’Ivoire qui souhaite le développement du sport féminin et le foot en particulier sur son territoire ».
« Jouer la finale à Abidjan, at-il poursuivi, ça nous permet de créer un évènement dont on parle plus que si nous l’avions organisés en France, de travailler sur un continent qui fournit beaucoup de joueuses pour le championnat, dans un objectif commun de développer le sport féminin ».
« Contraire à l’esprit du football populaire »
Les supporters de Lyon et de Paris ont pourtant manifesté leur grogne face à cette délocalisation « contraire à l’esprit du football populaire et à l’ancrage local qui fait la force de notre sport », ont-ils fait savoir dans un communiqué.
« Je peux comprendre leur position, leur a répondu Paul-Hervé Douillard. On essaie vraiment de travailler sur les affluences en France. On les a déjà plutôt bien fait augmenter sur les deux ou trois dernières années. Un certain nombre de matchs se jouent désormais devant plus de 15 000 personnes. On devrait battre un record d’affluence dans 15 jours à Marseille. Mais on a voulu aussi s’intégrer dans un programme international de développement, parce que c’est un enjeu pour la Ligue ».
Et, malgré un calendrier très chargé, Lyon et le PSG, les deux équipes phares du championnat fémininjouez au jeu. Les Parisiennes ont affronté l’OM mercredi avant de s’envoler pour Abidjan le lendemain puis disputeront un quart de finale de Coupe de France à Dijon le 18 mars après leur retour de Côte d’Ivoire.
« Expérience hors du commun »
« Si on me demande si, à partir du moment où je suis en France, je suis favorable pour délocaliser le match, moi je dis non, a expliqué en toute franchise Paulo César, l’entraîneur parisien. Mais je suis là, très content d’être là, avec l’envie de profiter de ça, de ce climat, de cette culture et de mettre mes joueuses dans les meilleures conditions pour être prêtes pour cette finale ».
« C’est une expérience hors du commun de faire une finale ici. Ça ne nous arrivera peut-être qu’une fois dans notre vie. On est venu avec le sourire et l’envie de gagner », a repris la capitaine Sakina Karchaoui.
Sa coéquipière, le milieu Anaïs Ebayilin, néo-internationale française, et Vicki Bechol’attaquante lyonnaise, toutes deux d’origine ivoirienne, plus encore que les autres.
Les fédérations française et ivoirienne, qui ont offert toutes les places du stade Félix-Houphouët-Boigny, tablent sur plus de 20 000 personnes présentes samedi, parmi lesquelles Philippe Diallole président de la FFF, ainsi que le sélectionneur des Bleues Laurent Bonadei et son staff.

