Le Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle (MSHPCMU), en collaboration avec l’Association des Sages-Femmes Ivoiriennes (ASFI), a organisé ce mercredi une séance de plaidoyer de haut niveau consacrée au renforcement du plateau technique pour la prise en charge de l’hémorragie du poste-partum (HPP) et au maintien des sages-femmes dans les maternités rurales et reculées.
Cette rencontre, soutenue par l’UNFPA dans le cadre du projet Safe Birth Africa financé par l’Union Européenne, a réuni décideurs, partenaires techniques et financiers, responsables administratifs et acteurs communautaires mobilisés pour la réduction de la maternelle et néonatale en Côte d’Ivoire.
Dans un discours salué pour sa clarté et son leadership, Madame Diallo Awa épouse Yao, Présidente nationale de l’ASFI, a rappelé l’urgence d’agir face aux défis persistants en santé maternelle : « Chaque femme, où qu’elle vive, mérite des soins sûrs, respectueux et de qualité avant, pendant et après la grossesse. Pourtant, chaque jour, 712 femmes meurent dans le monde des suites de complications liées à la grossesse et à l’accouchement. Ces décès sont en grande partie évitables. »
En citant les données de l’OMS et de l’UNICEF, elle a rappelé que, 6 301 nouveaux-nés meurent chaque jour, 5 200 bébés sont morts-nés et pour chaque femme décédée, 20 à 30 souffrent de complications graves.
L’hémorragie du poste-partum, première cause de maternelle en Côte d’Ivoire, reste au cœur des préoccupations.
Madame Diallo Awa épouse Yao a détaillé les défis majeurs rencontrés par les sages-femmes, notamment dans les localités rurales, souvent difficiles d’accès. Elle à évoqué, la disponibilité limitée des médicaments essentiels, les conditions de vie précaires pour les sages-femmes en postee, la faible disponibilité de moyens de transport pour les références, le manque de personnel qualifié et l’absence de mesures incitatives pour maintenir les professionnels en zones reculées
Elle a salué les efforts du gouvernement, notamment l’augmentation des effectifs de sages-femmes et les nouvelles directives sur l’HPP, mais a insisté sur la nécessité d’aller plus loin. « Ce plaidoyer n’est pas une simple rencontre technique : c’est un engagement envers les femmes, les nouveaux-nés, les familles et les communautés rurales de notre pays. »
La Présidente a également souligné le rôle central des sages-femmes dans l’atteinte des objectifs nationaux en matière de santé maternelle : « Les sages-femmes sont la ressource la plus stratégique pour réduire la maternelle. Avec un soutien adéquat, elles peuvent assurer 90 % des interventions essentielles en santé sexuelle, reproductive, maternelle et néonatale. »
Représentant le Ministre Pierre N’Gou Dimba, le Professeur Mamadou Samba, Directeur général de la Santé, a rendu un vibrant hommage aux sages-femmes : « Vous êtes la cheville ouvrière de notre système de santé. Si nous avons réussi à baisser la maternellec’est grâce à vous. »
Il a réaffirmé l’engagement du ministère à renforcer les infrastructures et à augmenter la disponibilité des sages-femmes dans toutes les localités, rurales comme urbaines.
Pour l’UNFPA, représenté par Dr N’Guetta Dominique, la situation reste préoccupante, 385 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en Côte d’Ivoire et 51 % de ces décès sont liés à l’hémorragie du poste-partum
L’agence onusienne rappelle que ces décès sont « prévisibles et évitables », d’où l’importance de garantir un plateau technique performant dans chaque maternité.
La rencontre a permis, la sensibilisation des décideurs sur l’urgence de renforcer les plateaux techniques, la formulation de mesures incitatives pour retenir les sages-femmes en zone rurale, la création d’un espace de dialogue entre autorités, partenaires techniques et organisations professionnelles et l’élaboration d’un mécanisme de suivi des recommandations.
Diallo Awa épouse Yao a, pour finir, appelée à une responsabilité collective : « Chaque femme qui donne la vie mérite de le faire en sécurité. Chaque sage-femme envoyée en zone rurale mérite un environnement de travail digne. Chaque maternité mérite un équipement capable de sauver des vies. Ensemble Agissons. »
Cette session marque une étape majeure dans la consolidation du leadership des sages-femmes et dans la lutte contre l’hémorragie du poste-partum, avec un objectif clair : sauver des vies et garantir l’équité en santé maternelle sur tout le territoire ivoirien.
Wassimagnon
Par Koaci
