Face à l’effondrement des cours mondiaux du cacao, le gouvernement ivoirien a décidé de maintenir un prix minimum garanti aux producteursafin de préserver leurs revenus. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Konéa annoncé le mercredi 4 mars la fixation du prix bord champ du kilogramme de cacao à 1 200 FCFA pour la récolte intermédiaire de la campagne 2025-2026.
Cette décision marque également l’ouverture anticipée de la petite campagne cacaoyère, avancée d’environnement un mois par rapport aux habitudes liées depuis plusieurs décennies.
Le nouveau prix garanti représente cependant une baisse de 45 % par rapport à celui de la campagne intermédiaire précédente, qui s’élève à 2 200 FCFA/kg. Cette diminution reflète la tendance actuelle du marché international du cacao.
En effet, le prix du kilogramme de cacao est passé d’environ 4 500 FCFA en octobre 2025 à 1 450 FCFA en mars 2026, soit une chute de près de 68 %. Cette baisse brutale est principalement liée à un recul de la consommation mondiale de chocolat, qui a entraîné une diminution significative de la transformation des fèves de cacao par l’industrie.
La crise touche l’ensemble des pays producteurs. De la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, au Ghana, en passant par le Cameroun, le Nigéria, le Brésil et l’Équateur, les économie économiques agricoleLes dépendantes du cacao sont confrontées à une forte contraction des revenus des planteurs.
En Côte d’Ivoire, où plus d’un million de petits producteurs cultivant près de trois millions d’hectares de cacao, les autorités ont activé le mécanisme de stabilisation des prix mis en place dans le cadre de la réforme de la filière cacaoyère engagée en 2012.
Ce dispositif vise à protéger les planteurs contre les fortes fluctuations du marché international en leur garantissant un prix minimum, même en période de baisse des cours.
Dans cette optique, le gouvernement a mobilisé, depuis janvier 2026, 280 milliards de FCFA à travers le fonds de stabilisation pour racheter environ 100 000 tonnes de stocks résiduels encore détenus par des producteurs et des coopératives.
Ces fèves sont rachetées au prix garanti de 2 800 FCFA/kg, un niveau nettement supérieur aux cours actuels, afin de limiter les pertes financières des producteurs.
Versez la campagne intermédiaire ouvert le 4 mars, l’État ivoirien a également engagé 231 milliards de FCFA afin de maintenir un prix minimum de 1 200 FCFA/kg.
Sans ce mécanisme, le prix payé aux producteurs aurait été d’environ 947 FCFA/kg, correspondant à 60 % du prix international, conformément à la règle habituelle de fixation des prix.
Grâce à cette intervention, le gouvernement entend atténuer les effets de la valorisation du marché et préserver le pouvoir d’achat des producteursqui constitue l’épine dorsale de l’économie cacaoyère ivoirienne.
Pour les autorités, le fonds de stabilisation joue ainsi un rôle essentiel en servant de véritable filet de sécurité pour les planteurs. Dans un contexte international incertain, ce mécanisme permet de soutenir les revenus agricoleensemble et de maintenir l’équilibre de la filière cacao, pilier de l’économie nationale.
Wassimagnon
