San Pedro, 29 mars 2026 (AIP) – Le Port autonome de San Pedro a élaboré un projet de transformation de son port de pêche en un terminal semi-industriel, afin d’améliorer la qualité des services portuaires, d’augmenter sa capacité, d’accroître la production halieutique et de renforcer la productivité.
Le comité de direction, conduit par le directeur général du Port autonome de San Pedro, Hilaire Lamizana, a présenté, jeudi 26 mars 2026 à San Pedro, ce projet au ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, en marge de la cérémonie de lancement du Projet de développement des chaînes de valeur compétitives de l’aquaculture et de la pêche durable en Côte d’Ivoire (ProDeCAP/Économie bleue), en présence du directeur pays de la BAD, Lamin Barrow.
Le directeur général a présenté cette initiative comme un exemple de l’engagement du Port autonome de San Pedro en faveur de la durabilité, notamment dans le cadre de l’économie bleue.
Son collaborateur, le directeur de l’ingénierie et de la maîtrise d’œuvre, Dally Pascal José, a détaillé le projet en mettant l’accent sur ses dimensions techniques, économiques et sociales. Il a indiqué que les activités du terminal de pêche actuelles seront transférées dans le lit du fleuve San Pedro, qui fera l’objet d’importants travaux de dragage. Le nouveau terminal s’étendra sur une superficie de six hectares, contre quatre actuellement, et le quai passera de 160 à 200 mètres linéaires.
La capacité journalière de production de glace dépassera 75 tonnes, tandis que la capacité de stockage des produits halieutiques atteint 4.800 tonnes par jour, afin de garantir une meilleure conservation.
M. Dally a précisé qu’en moyenne 1.300 tonnes de produits issus de la pêche artisanale sont traitées chaque année sur le site actuel. Il a également relevé que, pour une population desservie estimée à 10 millions d’habitants, le port devrait pouvoir accueillir jusqu’à 100. 000 tonnes de poissons, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Dans les conditions actuelles, l’activité génère un revenu moyen de 78 millions de F CFA pour des charges estimées à 232 millions de F CFA, soit un déficit de 154 millions de F CFA.
Il a par ailleurs indiqué que les bénéficiaires de cette activité s’élèvent à 2.252 personnes, dont 1 500 pêcheurs (majoritairement de nationalité ghanéenne), 200 mareyeurs, 96 gérants de boxes et 456 fumeuses, avec seulement 15 % d’acteurs nationaux dans la filière. Le futur terminal semi-industriel devrait générer plus de 5.000 emplois directs et indirects.
Le projet comporte également un volet touristique visant à rendre le fleuve San Pedro navigable grâce à des bateaux-mouches.
Selon M. Dally, les études débuteront en avril. Le coût final des travaux sera déterminé à leur issue, et la mise en service du terminal semi-industriel est prévue avant la fin de l’année 2030.
Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a salué cette initiative et exprimé sa satisfaction quant à l’intégration de l’économie bleue dans les projets du port de San Pedro, soulignant que celui-ci est pleinement partie prenante de cette dynamique.

Les produits halieutiques constituent la principale source de protéines animales pour les Ivoiriens, avec une consommation moyenne de 24,9 kg par habitant et par an. Toutefois, la production nationale ne couvre que 20 % des besoins, entraînant des importations massives représentant 80 % de la demande intérieure. Le ProDeCAP/Économie bleue devrait contribuer à inverser cette tendance.
(AIP)
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