En cette Journée Internationale des droits de la femme, un hommage national chargé d’émotion a été rendu à l’ancienne ministre et vice-présidente du PDCI-RDA, Léopoldine Coffi Tiézandécédée le 6 février 2026. À l’initiative des femmes du Parti démocratique de Côte d’Ivoire- Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), cette cérémonie a rassemblé de nombreuses personnalités politiques, des militantes, des élues et des anonymes lieux saluent la mémoire d’une figure majeure de la lutte pour l’émancipation des femmes ivoiriennes.
Parmi les personnalités présentes figuraient notamment la présidente du Sénat, Kandia Camaraplusieurs ministres, des sénatrices, députées et maires, ainsi que des responsables du PDCI-RDA. L’événement s’est voulu à la fois un moment de recueillement, de reconnaissance et de transmission de l’héritage. politique et social laissé par l’ancien ministre.
Prenant la parole au nom des instances féminines du PDCI-RDAla professeure N’Dri Yoman a retracé le parcours d’une femme politique « respectée et influente », souvent décrite comme l’une des grandes figures du parti. Née en 1950, Léopoldine Coffi Tiézan s’est imposée au fil des décennies comme l’une des voix les plus fortes du combat pour la promotion des droits des femmes en Côte d’Ivoire.
Dans les années 1990, elle devient la première présidente de l’Union des femmes du PDCI-RDA après l’instauration du multipartisme. Elle occupe ensuite la fonction de ministre de la Famille et de la Promotion de la Femme de 1998 à 1999, sous la présidence d’Henri Konan Bédié.
Durant son passage au gouvernement, elle contribue notamment à l’élaboration des politiques nationales en faveur des femmes, dans le prolongement des recommandations issues de la Conférence mondiale sur les femmes de Pékin en 1995. Elle a également présidé le Réseau international des femmes pour les actions affirmatives (RIFA) et a été nommée vice-présidente du PDCI-RDA en novembre 2019.
Selon la professeure N’Dri Yoman, l’ancienne ministre partie faisait des premières femmes politiques ivoiriennes d’envergure et comptant parmi les personnalités féminines les plus influentes de sa génération.
Au-delà de ses fonctions politiques, plusieurs témoignages ont souligné la personnalité marquante de Léopoldine Coffi Tiézan. Femme « charmante et souriante », elle pouvait également faire preuve d’une grande fermeté lorsque les circonstances l’exigeaient.
« Fr politiqueles loups mangent les agneaux », aimait-elle rappeler, selon N’Dri Yoman, pour illustrer sa détermination à ne jamais se laisser intimider.
Son engagement s’est également manifesté à travers de nombreuses actions sociales visant l’autonomisation économique des femmes et leur participation accumulée à la vie publique.
L’hommage émouvant de Kandia Camara
Dans une allocution particulièrement émouvante, la présidente du Sénat, Kandia Camaraa évoqué la dimension symbolique de cet hommage organisé le 8 mars.
« Il existe des coïncidences que l’histoire a choisi elle-même », at-elle déclaré. « Nous sommes réunis aujourd’hui, en cette Journée Internationale des droits de la femme, pour célébrer et pleurer à la fois celle qui a consacré sa vie à ce combat. »
La présidente du Sénat a salué une femme d’« authenticité rare » dans un univers politique souvent marqué par les calculs et les rivalités. Elle a également rappelé le courage qu’il fallait, pour une femme née dans les années 1950 en Côte d’Ivoire, de s’engager dans la vie. politique et d’y faire sa place.
Kandia Camara a également tenu à exprimer sa reconnaissance personnelle envers celle qu’elle considérait comme un mentor. « Merci d’avoir cru en moi en 1991. Merci d’avoir été pour moi une mère, une formatrice et une source d’inspiration », à-elle confié.
Pour de nombreux participants, la disparition de Léopoldine Coffi Tiézan représente une perte importante pour la scène politique ivoirienne et pour le PDCI-RDAqui perd une figure d’expérience et une mémoire vivante du parti.
Mais au-delà de l’émotion, les intervenantes ont insisté sur la nécessité de poursuivre le combat qu’elle a mené toute sa vie : celui de la dignité, de la participation politique et de l’autonomisation des femmes.
« Son engagement restera gravé dans la mémoire collective et dans l’histoire politique de la Côte d’Ivoire », a conclu la professeure N’Dri Yoman.
En ce 8 mars 2026, les femmes ivoiriennes ont ainsi transformé la journée Internationale qui leur est consacré en un moment de reconnaissance envers l’une de leurs pionnières.
Wassimagnon
Par Koaci
