Selon le rapport, les quatre principales crises environnementales actuelles, à savoir le changement climatique, le déclin de la biodiversité, la pollution et la dégradation des sols, s’aggravent.
“Rien ne va dans la bonne direction au niveau mondial. Les rares succès survenus l’ont été au niveau local”, constate le professeur Robert Watson, ancien président du Giec et de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).
Pire, le rythme de la dégradation semble s’accélérer. Le fait que les 10 années les plus chaudes jamais enregistrées soient apparues au cours de la dernière décennie suggère, par exemple, un réchauffement climatique plus rapide que ce que les avaient modèles prédits, souligne Robert Watson. Le rythme du déclin de la biodiversité s’accélère également. Les tailles des populations et la diversité génétique sont en recul et jusqu’à un million d’espèces sont menacées d’extinction, constate le rapport onusien.
Ces dégâts environnementaux et climatiques coûtent déjà des milliers de milliards de dollars par an. Les coûts des dommages sanitaires dus à la pollution de l’air s’élevaient à eux seuls à quelque 8.100 milliards de dollars en 2019, soit 6,1% du PIB mondial.
Sans parler du lourd tribut humain : on estime la pollution responsable de neuf millions de morts prématurées chaque année dans le monde.
Des gains économiques importants possibles
Une transformation profonde et rapide de nos sociétés et de nos économies, pour les rendre durables, permettant des gains économiques dès la moitié du siècle et ceux-ci augmenteraient pour atteindre 20.000 milliards de dollars par an d’ici 2070 et même jusqu’à 100.000 milliards annuels à la fin du siècle, estime le rapport sur l’environnement mondial sur base de l’analyse de deux trajectoires vers la durabilité.
Ces approches, présentées comme complémentaires, se fondent pour l’une sur des changements comportementaux (réduction de la consommation) et pour l’autre sur l’innovation technologique et des gains d’efficacité. Mais dans tous les cas, des “transformations radicales”, portées par un effort collectif des politiques, entreprises, ONG et de la société civile, sont jugées nécessaires. Le rapport souligne à cet égard l’importance de la contribution des populations locales et indigènes.
Neuf millions de morts prématurées prévues
Le GEO-7 identifie d’autres avantages, et non des moindres, à investir dans la durabilité. Neuf millions de morts prématurées pourraient être évitées, 200 millions de personnes pourraient sortir de la malnutrition et 100 millions de l’extrême pauvreté, d’ici 2050.
Mouvementée jusqu’au bout… Retour sur une Cop marquée par les incidents
Les investissements nécessaires pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et financer la conservation et la restauration de la biodiversité sont quant à eux évalués à 8.000 milliards de dollars par an jusqu’à la moitié du siècle. “Le coût de l’action est moins élevé que le coût de l’inaction”, résume Robert Watson.
Le rapport GEO-7 suggère de s’éloigner du concept de produit intérieur brut (PIB) pour privilégier les indicateurs “qui mesurent le capital humain et naturel”, ce qui permettra d’inciter les économies à progresser vers la circularité, la décarbonation des systèmes énergétiques, l’agriculture durable et la restauration des écosystèmes, entre autres.
Les auteurs du rapport du Pnue préconisent également une meilleure coordination entre les trois principales conventions de l’Onu sur l’environnement et leurs organes, à savoir la convention-cadre sur le changement climatique, la convention sur la diversité biologique et la convention sur la lutte contre la désertification.
Contrairement au rapport GEO-6, adopté en 2019, le rapport GEO-7 ne comporte pas de “résumé à l’intention des décideurs”, en raison d’un désaccord entre certains pays sur des questions relatives aux combustibles fossiles ou au plastique et de l’opposition, notamment, des États-Unis.

