Bien qu’elle soit terminée depuis plus d’une semaine désormais, la Coupe d’Afrique des nations 2025 continue de faire couler beaucoup d’encre et d’alimenter le (mauvais) buzz en raison de nombreuses polémiques. La dernière en date fait suite aux à propos du président de la Fédération sénégalaise de football Abdoulaye Fall.
À l’occasion d’une cérémonie de célébration organisée par sa commune de naissance, Bambey, et diffusée par le média sénégalais Seneweb, le dirigeant s’est laissé déborder par l’euphorie de la victoire des Lions de la Teranga au terme d’une finale chaotique et a accusé le Maroc, pays organisateur du tournoi et adversaire en finale, de « tenir la CAF (Confédération africaine de football) ». « Ils tiennent tout en main et décident de tout », a insisté Fall en wolof.
Des propositions qui ont provoqué une réaction vive au Maroc. « Ces allégations, dépourvues de toute substance probatoire, constituent une atteinte grave à l’honneur des instances sportives marocaines et africaines », indique le Club des Avocats du Maroc (CAM).

Ce dernier a ainsi décidé de passer à l’attaque et a annoncé, sur ses réseaux sociaux, qu’il allait saisir les instances compétentes, à savoir la Commission d’Éthique de la Fifa, en s’appuyant sur l’article 60 du code d’Éthique de la Fifa et l’article 43 du Code Disciplinaire de la Confédération Africaine de Football (CAF).
« Le terrain de la calomnie institutionnelle »
« Le Club des Avocats au Maroc exprime sa plus vive réprobation à la suite des déclarations infamantes proférées par le Président de la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) », indique l’organisation, qui se consacre à la promotion et à la défense des droits des justiciables, dans un communiqué.
« En accusant de manière péremptoire le Royaume du Maroc de « la CAF » et d’exercer une influence occulte sur l’organisation du football continental, ce dirigeant a franchi le seuil de la critique sportive pour s’aventurer sur le terrain de la calomnie institutionnelle, poursuit le communiqué. Par ailleurs, la mise en cause délibérée de l’équité procédurale de la CAF constitue une offense directe à l’intégrité de cette institution. »
Le CAM estime également qu’en accusant « sans preuves une nation et une confédération de manipulation, ce dirigeant manque de manière caractérisée à ses devoirs de neutralité, de loyauté et d’intégrité. »
« La dignité du football marocain ne saurait être impunément bafouée par des sorties médiatiques irresponsables qui nuisent à la fraternité africaine », termine le communiqué.
« Nous attendons qu’une enquête soit diligentée avec rigueur afin que la lumière soit faite et que des sanctions appropriées soient appliquées à l’encontre de l’auteur de ces propositions », a ajouté Maître Mourad El Ajouti, président du Club des Avocats au média Sport News Africa.
Le Club des Avocats du Maroc avait mis en place une commission d’observation pour examinateur de près la procédure judiciaire, « la présomption d’innocence et l’application du droit pénal marocain dans un contexte de forte pression médiatique » lors de l’« affaire Hakimi ». Le latéral droit du PSGqui a toujours nié les faits reprochés, avait été mis en examen pour viole en mars 2023 et est toujours sous la menace d’un procès.
La sortie d’Abdoulaye Fall intervient alors que le Premier ministre sénégalais est attendu pour une visite officielle… au Maroc.
À noter également que la commission de discipline de la Confédération africaine se réunit ce mardi pour statuer et éventuellement sanctionner le Sénégal dont les joueurs avaient quitté le terrain et menacé de ne pas reprendre le jeu lors de la finale contre le Maroc.

