- Endeavour prévoit la mine d’or d’Assafou en Côte d’Ivoire d’ici fin 2028
- Les mines ivoiriennes pourraient contribuer à 65% de la production d’or du groupe d’ici 2025
- Un projet de 734 millions de dollars accroît les risques liés à la concentration géographique et aux réformes en cours
Endeavour Mining, l’un des principaux producteurs d’or d’Afrique de l’Ouest, prévoit de mettre en production son projet aurifère d’Assafou en Côte d’Ivoire d’ici fin 2028, selon son rapport opérationnel publié la semaine dernière. La nouvelle mine devrait augmenter fortement la contribution de la Côte d’Ivoire à la production globale du groupe, qui provient actuellement d’actifs au Burkina Faso, au Sénégal et en Côte d’Ivoire.
La société opère exclusivement en Afrique de l’Ouest à travers cinq mines : Houndé et Mana au Burkina Faso, Sabodala-Massawa au Sénégal et Ity et Lafigué en Côte d’Ivoire. Lafigué est entré en production fin 2024. Ensemble, Ity et Lafigué devraient produire jusqu’à 540 000 onces d’or en 2025, ce qui représente 45 % de la production projetée d’Endeavour de 1,2 million d’onces pour l’année.

Site minier d’or d’Ity
La construction d’Assafou devrait démarrer en 2026, sous réserve de l’obtention des permis nécessaires auprès des autorités ivoiriennes. Une fois opérationnelle, elle deviendrait la troisième mine d’Endeavour en Côte d’Ivoire et son deuxième nouveau site dans le pays en quatre ans. Une étude de faisabilité pour 2024 estime la production annuelle à 329 000 onces au cours de la première décennie d’Assafou.
Si ce niveau est atteint, et combiné à la production attendue à Ity et Lafigué, la production ivoirienne d’Endeavour pourrait s’élever à environ 790 000 onces d’or par an. Cela représenterait environ 65% de l’objectif du groupe à 2025, selon les calculs de l’Agence Ecofin, soulignant le poids croissant de la production ivoirienne dans le portefeuille d’Endeavour, alors même que la société vise une croissance supplémentaire au Sénégal.
Un environnement minier solide en Côte d’Ivoire
Un démarrage réussi à Assafou pourrait également faire de Côte d’Ivoire Endeavour la plus grande base opérationnelle en Afrique de l’Ouest, devant le Burkina Faso, qui occupait cette position jusqu’à la vente des mines de Wahgnion et de Boungou en 2023.
Même si Endeavour n’a pas publiquement présenté une stratégie d’expansion délibérée en Côte d’Ivoire, sa présence croissante est soutenue par un climat d’investissement favorable. La Côte d’Ivoire se classe régulièrement parmi les juridictions minières les plus attractives d’Afrique de l’Ouest dans l’enquête annuelle de l’Institut Fraser. Il est arrivé en tête du classement régional en 2023 avant de se classer troisième en 2024, derrière le Ghana et le Sénégal.
Cette perception est largement partagée par les opérateurs. Lors de la conférence Africa Down Under 2025 en septembre, Justin Tremain, PDG de Turaco Gold, a décrit la Côte d’Ivoire comme « le meilleur endroit au monde » pour construire une mine d’or. L’ambition du gouvernement d’augmenter la production nationale d’or à 100 tonnes par an, soutenue par une forte croissance du secteur depuis 2011, renforce également la confiance des investisseurs.
Financement et risques de concentration géographique
Malgré un environnement commercial favorable et un marché de l’or favorable, les projets d’expansion d’Endeavour dépendent de plusieurs conditions. Au-delà des autorisations réglementaires, la société doit sécuriser le financement d’Assafou, actuellement estimé à 734 millions de dollars. Ce chiffre pourrait être révisé dans une nouvelle étude de faisabilité attendue en 2026.
Le maintien de la production à Ity et la gestion de la montée en puissance à Lafigué seront également cruciaux. Dans le même temps, la concentration de trois mines majeures dans un seul pays augmente l’exposition aux risques opérationnels et politiques. Les sociétés minières peuvent être confrontées à des perturbations importantes si les conditions locales se détériorent.

Site minier de Lafigué
La fermeture de la mine de cuivre Cobre Panamá de First Quantum Minerals en novembre 2023 illustre cette vulnérabilité. Après avoir perdu un actif qui représentait environ 45% de sa production, la société a vu sa production totale tomber à 431 004 tonnes en 2024, contre 707 600 tonnes en 2023. En Côte d’Ivoire, où le code minier est en cours de révision, l’impact des réformes à venir sur les opérateurs comme Endeavour reste incertain.
Aurel Sèdjro Houenou

