Longtemps son nom est resté inconnu du grand public. Claudette Colvin, dont l’arrestation en 1955 avait ouvert la voie à la lutte des Noirs américains pour l’égalité dans les années 1960, est morte mardi 13 janvier au Texas. Elle avait 86 ans.
Née le 5 septembre 1939, Claudette Colvin a 15 ans lorsqu’elle refuse de laisser sa place, le 2 mars 1955, aux passagers blancs d’un bus à Montgomery, dans l’Alabama, l’Etat du Sud où s’est écrit le combat pour la déségrégation aux Etats-Unis. Pendant des décennies, son rôle de pionnière des droits civiques a été ignoré au profit de Rosa Parks, qui réalise le même geste – mais neuf mois plus tard.
Née Claudette Austin, d’une mère incapable de subvenir aux besoins d’une famille, la future militante avait été adoptée très jeune par un couple de l’Alabama, les Colvin, domestiques dans des familles blanches. En 1952, elle entre au lycée Booker T. Washington, le seul où les jeunes Noirs de Montgomery sont admis. Quelques mois plus tard, en novembre, un de ses camarades, Jeremiah Reeves, 16 ans, est arrêté à Montgomery, accusé d’avoir violé une femme blanche. Cet événement « a été le tournant de ma vie », dira-t-elle plus tard. Condamné à mort par un jury exclusivement blanc, après des aveux extorqués, le jeune homme sera exécuté en 1958, à l’âge de 22 ans.
Il vous reste 71,48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

