
Si le sommeil est essentiel – vital même – pour les êtres humains, c’est aussi le cas pour certains animaux qui comptent parmi les plus inattendus. Une étude vient ainsi de montrer que les méduses partagent le même rythme de sommeil que l’Homme…
Les méduses ont besoin de huit heures de sommeil par nuit et d’une sieste en début d’après-midi. Elles passent environ un tiers de leur vie à dormir, un peu comme nous les humains : tel est l’étonnant résultat d’une étude parue le 6 janvier dernier dans la revue Communications naturelles.
Plus surprenant encore, l’équipe internationale de chercheurs en neurosciences et en biologie marine de l’université Bar Ilan, en Israëlqui a étudié in vivo et en laboratoire des méduses mais aussi des anémones de mer, a réussi à montrer que, chez ces organismes très frustres, sans système nerveux central, le sommeil avait le même rôle que chez les animaux plus complexes dotés d’un cerveau : il sert notamment à réparer l’ADN des cellules neuronales, à régénérer et à préserver les neurones comme chez les autres animaux humains et non humains. Ce qui permet d’éclairer le rôle fondamental du sommeil pour tout le vivant, et son apparition bien plus tôt qu’on ne le pense dans l’évolution.
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En suivant dans les eaux peu profondes de Key Largo, en Floride, les méduses Cassiopée (Cassiopée andromède), une espèce qui passe sa vie à l’envers, l’ombrelle côté fond et les tentacules à la surface, les chercheurs ont mesuré leur endormissement au ralentissement de leur pulsation : quand les méduses pulsent à moins de 37 battements par minute pendant plus de trois minutes, c’est qu’elles se sont endormies.
Ingéniosité
Une autre étude parue dans Neurosciences naturelles le 29 décembre 2025 montre, elle, l’ingéniosité des scientifiques pour étudier le sommeil des reptiles et tenter de déterminer si, comme les mammifères, ces derniers ont aussi deux grands cycles de sommeil : profond et paradoxal.
Cosignataire de cette étude, Paul-Antoine Libourelchercheur au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier, a comparé le cycle de sommeil de sept reptiles, d’un oiseau et de deux mammifères en enregistrant simultanément leur activité cérébrale, cardiaque, vasculaire, respiratoire, musculaire et oculaire. S’il a réussi à mettre en évidence un rythme ultra-lent de sommeil dans le cerveau comme dans le corps des reptiles, il n’a en revanche pas identifié de sommeil paradoxal. Vous y penserez peut-être en vous endormant ce soir, un peu comme un caméléon ou une méduse et exactement comme un rat ou un pigeon.
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