Fin 2025 en demi-teinte pour Georges-Louis Bouchez
Le président du MR a terminé l’année 2025 en demi-teinte. Il y a, sans conteste, un bilan déjà important pour son parti : limitation du chômage dans le temps, réforme du marché du travail au niveau fédéral, réduction des droits d’enregistrement en Wallonie… Mais il y a aussi les vents contraires : l’éviction des négociations à Bruxelles, les hausses de TVA, le plafonnement de l’index, et de mauvais sondages pour le parti.
Début 2026, réponses aux critiques
Rien qui ne semble pousser à une inflexion ou à un changement de stratégie de la part du président, au contraire. Son discours de 2026 ressemble à ceux de 2025, mais actualisé pour répondre aux critiques, et peut-être aux déceptions qui s’expriment dans les sondages, en particulier de ceux et celles qui attendaient de voir leur salaire augmenter. Georges-Louis Bouchez place son action politique derrière un enjeu civilisationnel : la souveraineté de l’Europe, qui passe par l’autonomie militaire, industrielle et énergétique. Et pour cela, dit-il, il faut avoir le courage de lutter contre le socialisme, qu’il résume par l’idée qu’on pourrait partager la richesse avant de l’avoir créée.
Deux mots me semblent importants ici : les modifications souhaitées par le MR sont “courageuses” (ce qui est une manière d’assumer une certaine impopularité). Elles sont aussi “culturelle“, c’est une réponse à ceux et celles qui pointent leur manque d’efficacité ou d’effets concrets. En effet, ces réformes visaient donc autre chose que des conséquences socio-économiques : le changement de mentalité. Georges-Louis Bouchez cite, en particulier, la limitation du chômage dans le temps qui est censée envoyer le signal que le travail revient au cœur de la société et que “la solidarité n’est pas un Mister Cash“.
Une “réforme culturelle”, c’est une expression qui permet d’assumer que les conséquences pour les électeurs ne seront pas immédiatement perceptibles. Le problème, c’est que le discours de campagne n’a pas tellement insisté sur cet aspect culturel du changement de mentalité, mais beaucoup plus sur des conséquences très matérielles : le fait que ceux qui travaillent allaient gagner plus, récompensés grâce aux économies réalisées sur ceux présentés comme des profiteurs.
Mutuelles Profiteuses
Et des profiteurs, il y en a toujours beaucoup pour le président du MR. Dans ce discours de vœux, il a pointé en particulier les mutuelles, accusées — je cite — d'”éluder 100 millions d’impôts par an” ; en quatre ans, 400 millions donc. Ou, le verbe “éluder” est mal choisi, car il implique une volonté de fraude, de dissimulation, d’illégalité. Mais il est vrai que les mutuelles bénéficient de dispositions fiscales particulières, comme beaucoup d’autres catégories de contribuables dans ce pays, d’ailleurs : nous sommes les champions du monde de la niche fiscale. Après les mutuelles, l’accent a été mis sur l’immigration et l’insécurité.
Et puis, en fin de discours, Georges-Louis Bouchez a aussi voulu répondre aux critiques qui émanent de son propre parti. Fin de l’année passée, Sophie Wilmès, Michel de Maegd, Mathieu Michel ou Olivier Willocx avaient osé émettre des critiques. Là, il y a une petite phrase pour eux : “Un grand parti ne se crée pas dans l’euphorie des soirées électorales victorieuses. Ça se crée dans la dureté quotidienne des réformes et du compagnonnage quotidien“. Bref, c’est quand c’est dur qu’on voit les vrais fidèles.

