La Colombie renforce sa frontière avec le Venezuela
La Colombie a mobilisée, samedi, des chars d’assaut et des soldats pour garder sa frontière avec le Venezuela, après l’intervention militaire américaine à Caracas.
Sur ordre du président colombien Gustavo Petro, des troupes ont convergé vers les principaux points de passage avec le Venezuela, par crainte de migrations de masse ou que des bandes criminelles ne profitent du désordre.
Gustavo Petro a déclaré l’opération américaine, quand Donald Trump lui a conseillé de « faire gaffe à ses fesses »après avoir affirmé que tout pays produisant de la cocaïne vendue aux Etats-Unis était « susceptible d’être attaqué ».
Samedi, l’Agence France-Presse a vu des militaires en train de monter la garde au niveau des principaux ponts qui dépendent du département colombien de Norte de Santander à l’Etat vénézuélien de Tachira. Les soldats, aux côtés des chars, ont expliqué qu’ils avaient été « retirés » plus tôt de zones où ils luttaient contre les guérillas afin de surveiller la frontière.
Dans la foulée de l’intervention américaine, Bogota a déclenché l’état d’alerte en raison de possibles assauts de groupes armés qui sévissent des deux côtes de la frontière.
La armée de libération nationale (ELN) et les dissidents des guérisseurs ex-FARC avaient récemment dénoncé les menaces américaines à la rencontre de Nicolas Maduro. Et ces derniers mois, Donald Trump n’a pas exclu de potentielles attaques terrestres en Colombie au motif de la lutte contre le trafic de drogues.
Samedi, le ministre de la Défense colombien, Pedro Sanchez, a assuré que le narcotrafic était un « ennemis » commun de son pays et des Etats-Unis.
Le gouvernement Petro s’inquiète également d’un risque de crise humanitaire, avec des mouvements migratoires d’ampleur. Huit millions de Vénézuéliens ont fui leur pays depuis 2014 selon l’ONU, poussés par un régime sévère et une crise économique chronique. Beaucoup se sont retrouvés en Colombie voisine.
Sur le pont Simon Bolivar dans la municipalité de Villa del Rosario, principal point de passage transfrontalier, le flux de personnes était cependant anormalement faible samedi.

