Jean-Luc Mélenchon, lors d’un rassemblement de soutien au peuple vénézuélien à Paris, a déclaré le « pur impérialisme » américain. « Il faut, sans barguigner, exiger la libération et le retour immédiat de Nicolás Maduro libre au Venezuela », a insisté le responsable, régulièrement accusé d’être un soutien du président vénézuélien, ce qu’il récuse.
Macron appelle à une « transition pacifique »
Emmanuel Macron appelle, lui, à une « transition pacifique » et « démocratique » au Venezuela, où le peuple ne peut que se « réjouir » d’être « débarrassé » de la « dictature Maduro ».
« En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple », a écrit sur X le président français.
Le chef de l’État plaide pour que la transition, « respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien », soit assurée « au plus vite » par Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l’opposition à la présidentielle 2024. Son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé que l’opération américaine « contrevient » au droit international.
Le narcotrafic, prétexte pour s’emparer du pétrole ?
Donald Trump accuse le président Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic, ce que l’intérêt dément, reprochant aux États-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète.
Jean-Luc Mélenchon, comme d’autres responsables de LFI, a assuré que le narcotrafic était un « prétexte » utilisé pour justifier l’attaque, mais que le pétrole en était la cause réelle. Plus d’un millier de personnes, agitant pour certains des drapeaux vénézuéliens, étaient réunis place de la République à Paris pour protester contre l’attaque, à l’appel notamment de LFI et du Parti communiste.
La majorité des autres responsables politiques se sont prêts à un exercice d’équilibriste difficile, dénonçant l’attaque américaine sans soutenir Nicolás Maduro. « Quoi que l’on pense de Maduro, cet acte doit être unanimement condamné », a dit sur X le patron du PS, Olivier Faure, s’inquiétant d’« un feu vert donné à tous les autocrates du monde ».
« La loi du plus fort »
« Pas une larme pour le dictateur ploutocrate Maduro, mais il faut avoir conscience que nous entrons dans un monde sans droit international où prévaut la loi du plus fort », a déclaré l’eurodéputé social-démocrate Raphaël Glucksmann. Dans la même veine, Gabriel Attal, chef de file des députés macronistes, a affirmé qu’il « ne regrette pas » le départ de ce « dictateur ».
Il a dit voir dans l’opération américaine « un signe supplémentaire que le monde est désormais régi par la force » et a incité les Européens à s’adapter pour ne pas être cantonnés au rôle de « spectateurs impuissants ».
De façon similaire, l’ancien Premier ministre Michel Barnier (LR) a écrit sur X que l’attaque « confirme que l’usage décomplexé, unilatéral de la force devient dangereusement le mode privilégié d’action internationale, y comprenant de la part des démocraties alliées ».
« Les États-Unis ne sont pas le gendarme du monde »
La patronne du Rassemblement National Marine Le Pen a jugé qu’il y avait « mille raisons de condamner le régime de Nicolas Maduro : communiste, oligarchique et autoritaire » mais que « la souveraineté des États n’est jamais négociable ». « Renoncer à ce principe aujourd’hui pour le Venezuela, pour n’importe quel État, reviendrait à accepter demain notre propre servitude », at-elle ajouté, appelant à « rendre la parole » aux Vénézuéliens.
Le vice-président des Républicains Julien Aubert a affirmé, lui, que « les États-Unis ne sont pas le gendarme du monde » et « n’ont aucune légitimité pour décider qui doit gouverner où ».
Le président des Républicains Bruno Retailleau s’est montré plus conciliant avec Donald Trump, en estimant que le narcotrafic nécessite « une réplique ferme » même si la souveraineté vénézuélienne « demeure sacrée ».

