Disparition d’Antony Price, figure du glam britannique, les marques de luxe s’amusent avec les jeux de société, la bûche féline du Drugstore, Paris qui prépare sa semaine de la mode homme… c’est le cool de la semaine.
Antony Price et le glam rock
Duran Duran, David Bowie – évidemment –, mais aussi Kylie Minogue ou la reine Camilla. Autant de figures, parfois campsouvent décalées, habillées par le designer britannique Antony Price, disparu cette semaine à l’âge de 80 ans. Avant les Pierres ou Duran Duran, son premier fait d’armes s’appelle Musique Roxy. Bryan Ferry, le fondateur du groupe, qualifiait Antony Price de «maître artisan» Price n’a jamais été un simple styliste : il fut un faiseur d’images, un praticien théorique du glam.
Arrivé à la Fashion Design School du Royal College of Art en 1965, il intervient au moment où le glam rock s’oppose au chaos punk une autre grammaire visuelle : rejet du naturel et du spontané, exaltation du costume, du camp et de l’artifice. Antony Price habille Bryan Ferry dès les débuts de Roxy Music et participe directement à la conception des pochettes d’albums, dont l’esthétique pin-up – parfois jugée scandaleuse – fonctionne comme une mascarade camp. Ces images rejouent les codes de la féminité hollywoodienne, exacerbées pour en raconter l’artificialité.
Pour Bryan Ferry, Antony Price a construit ce que la critique a nommé une «esthétique bizarre mais machiste“. Le corps masculin y est transformé par le vêtement dans une véritable performance de genre : épaules élargies, taille redessinée, torse affirmé – en réaction directe à l’idéologie unisexe du corps étroit et neutralisé du punk. Les codes du cinéma sont centraux dans cette mise en scène. Le Songe d’une nuit d’été de Max Reinhardt (1935) inspire la veste verte et noire à paillettes portée par Bryan Ferry lors de son premier Top des Pops en août 1972, tentative explicite de faire glisser l’artifice du costume vers la vie quotidienne.
Tailleur net, silhouette tranchante, codes immédiatement lisibles : Antony Price est aussi crédité du T-shirt à manches courtes porté par Lou Reed au dos de Transformateur (1972). Resté volontairement à distance de l’industrie de la mode, il ne donnera en 55 ans que 6 défilés, qu’il appelait des «extravagances de la mode“. Depuis mercredi 17 décembre, la mode lui rend hommage, tout comme des artistes – Bryan Ferry saluant « l’un des designers britanniques les plus significatifs et influents du siècle dernier ».
Luxe et jeux de société
Les maisons de luxe investissent le territoire du jeu de société. Chez Balenciaga, un Monopole revisité permet, au détour d’un lancer de dés, d’acheter une usine de maroquinerie ou de s’acquitter d’une « taxe Balenciaga » de 200 dollars. Miu Miu propose un ONU « destiné à un public adulte », glissé dans un écrin de cuir, aux graphismes retravaillés. Bottega Veneta, de son côté, décline un Jenga composé de pièces en noyer italien et bois coloré – le tout dans un étui en cuir de veau Intreccio. Là encore, la maison précise que le jeu n’est « pas destiné aux enfants ».
Ces objets ludiques universellement associés au partage familial changent ici de registre. Ils deviennent des pièces à conserver, à collectionner, à exposer.
La semaine de la mode homme parisienne
La semaine de la mode masculine parisienne se déroulera du 20 au 25 janvier. Cette saison, c’est la créatrice Jeanne Friot qui ouvrea la semaine de la mode parisienne. Une mode qui réagit depuis ses débuts à l’actualité, en dessinant, à partir d’archétypes stylistiques, de véritables néo-armures du quotidien.
Autre élément notable : le retour de Charles Jeffrey Loverboy au calendrier des présentations. Le créateur londonien retrouve ainsi Paris après une saison d’absence. Parmi les autres marques indépendantes attendues figurent EgonLab, fidèle à son travail du tailleur avec des gestes pop et politiques, la mode queer de Willy Chavarria, ou encore Kartik Research, designer indien en forte ascension.
Parmi les temps forts de la semaine, le dernier défilé de Véronique Nichanian pour Hermès est annoncé le samedi 24 janvier.
La bûche féline du Drugstore
Si les bûches de palaces rivalisent de créativité (et parfois d’audace), celle du Drugstore ne démérite pas. Surnommée Le Lion, elle a été imaginée par la cheffe pâtissière Léna Thiam, sous la direction d’Éric Frechon. Un joli pedigree. Sous la fourrure du félin, on découvre une dacquoise vanille et noix de pécan, un pécan croustillant et une ganache montée vanille et un cœur coulant praliné pécan. Le résultat est aérien, gourmand et crémeux sans en faire des tonnes, et surtout sans être trop lourd (comme c’est souvent le cas, avouons le côté bûche). PE
Bûche Le Lion du Pharmacie45 €.
