
En tête jusqu’à la 85e minute, l’Angleterre a vu son rêve de disputer une première finale de Coupe du monde depuis 1966 s’effondrer face à l’Argentine (2-1). Les choix ultra-défensifs de Thomas Tuchel, qui a fait entrer trois défenseurs dans l’espace de dix minutes alors qu’il disposait encore sur son banc de joueurs offensifs comme Bukayo Saka, Marcus Rashford ou Noni Madueke, sont aujourd’hui au cœur d’une véritable tempête médiatique outre-Manche.
L’Angleterre pensait pourtant avoir son billet pour la finale de la Coupe du monde 2026. Grâce à une réalisation d’Anthony Gordon à la 55e minute, les Three Lions avaient pris l’avantage face à l’Argentin en demi-finale. Mais ce qui apparaît à un scénario idéal s’est finalement transformé en cauchemar.
Sous la pression de l’Albiceleste, Thomas Tuchel a choisi de verrouiller la rencontre plutôt que de poursuivre son ambition offensive. À la 72e minute, Ezri Konsa remplaçait le buteur Anthony Gordon. Dix minutes plus tard, Dan Burn entra en jeu, tandis que Nico O’Reilly succédait à Declan Rice. Trois à vocation défensive qui ont envoyé un message clair : préserver coûte que coûte l’avantage.
Le Paris s’est révélé perdant. L’Argentin a accentué sa domination avant d’égaliser par Enzo Fernández (85e), puis d’arracher la victoire dans le temps additionnel grâce à Lautaro Martínez (90+2).
Les statistiques illustrent parfaitement ce renversement : entre l’ouverture du score anglais et le but victorieux argentin, les Three Lions n’ont eu que 12 % de possession de balleabandonnant totalement l’initiative à leurs adversaires.
Après la rencontre, le capitaine Harry Kane a reconnu que son équipe avait arrêté de jouer.
« Après avoir marqué, nous sommes devenus trop passifs. À ce niveau, cela ne pardonne pas. »
Même constat pour Dan Burn, qui estime que l’équipe a reculé au lieu de continuer à imposer son jeu.
Les critiques ont cependant été bien plus sévères du côté des anciens internationaux anglais.
Wayne Rooney a vivement exprimé le choix tactique de Thomas Tuchel.
« Nous menions 1-0, puis nous sommes passés à une défense à cinq, voire à six. Si vous laissez Messi et l’Argentin jouer dans votre camp, cherchez vous les ennuis. Quand Tuchel a effectué ces changements, les joueurs ont dû se dire : « Ah non ». »
L’ancien gardien Joe Hart est allé encore plus loin en remettant en cause la confiance du sélectionneur envers ses propres joueurs.
« Son changement de tactique donne l’impression qu’il ne croyait plus en son équipe et qu’il doutait de sa capacité à continuer de faire mal à l’Argentine. »
Face à la polémique, Thomas Tuchel a défendu ses décisions. Selon lui, son équipe concédait déjà beaucoup d’occasions avant les changements et il a tenté d’apporter une réponse tactique. Il reconnaît toutefois que ses joueurs sont progressivement devenus trop passifs sans parvenir à récupérer le ballon.
L’entraîneur allemand assume néanmoins pleinement les critiques.
« La responsabilité incombe à l’entraîneur. Il y aura des millions d’entraîneurs après le match qui penseront savoir mieux que moi ce qu’il fallait faire. »
Après un parcours jusque-là salué pour ses choix courageux et son management, Thomas Tuchel voit désormais son image sérieusement écornée. Son pari défensif contre l’Argentine est présenté par une grande partie de la presse anglaise comme l’une des principales causes de l’élimination des Trois Lions aux portes de la finale.

