
Cet épisode réunit trois duos de femmes autour d’une même question : que laisse une grand-mère à sa petite-fille ? Entre souvenirs, silences, filiation et construction de soi, Yasmine Chouaki compose un grand récit de transmission au féminin.
Le cinéma comme outil de résistance
Le récit s’ouvre sur une conversation poignante entre la cinéaste pionnière Sarah Maldoror et sa petite-fille Clara. Tout au long de sa vie, elle a utilisé sa caméra au service des indépendances africaines. Forgée par une éducation sans concession, elle transmet ces valeurs à Clara.
« Vivre, c’est se battre. Sinon on t’écrase. D’abord on ne te voit pas, tu es comme la terre pour les gens. Quand on est là et qu’on est orphelin, on n’est rien, c’est dur. » -Sarah Maldoror
Une littérature de l’exil
L’histoire continue avec la rencontre d’Hélène Cixous, écrivaine née en Algérie. Dans un dialogue poétique avec sa petite-fille Saranya, elle explore ses racines algériennes et son lien indéfectible à l’écriture. Pour Saranya, sa grand-mère est une “femme-lune”, un être qui ne semble pas tout à fait de cette terre, évoluant au milieu des livres, des chats et des souvenirs d’exil.
« Mais j’ai toujours pensé qu’un enfant nous arrive uniquement si on l’adopte. Il ne suffit pas de le mettre au monde, il faut qu’arrive le moment de l’adoption. » -Hélène Cixous
L’identité en mouvement
Ama, âgée de 101 ans, clôture cet épisode comme une archive sonore pour sa petite-fille Jeanne. Ensemble, elles reviennent sur sa vie mouvementée, entre la Chine, le Vietnam et la France. À travers son échange, on comprend que l’identité n’est pas une assignation, mais un mouvement perpétuel. Jeanne incarne cette nouvelle génération capable de traduire l’histoire de ses aînées dans un monde globalisé.
À travers ces trois dialogues, le podcast aborde des thématiques telles que les références identitaires, la lutte contre le racisme et l’engagement politique. Cette immersion sonore est essentielle pour comprendre comment les échos du passé, des révolutions de Mao aux exils contemporains, résonnent dans les combats d’aujourd’hui.

