Battus jeudi dernier par la Côte d’Ivoire (1-2), les Bleus veulent réagir face aux Nord-Irlandais ce lundi, à Lille (21h10), pour s’éviter d’éventuels doutes avant la Coupe du monde.
Jeudi dernier fut une soirée de tristes premières : première défaite de son histoire pour l’équipe de France face à la Côte d’Ivoire (1-2), premier revers pour Didier Deschamps lors d’un match de préparation pour une grande compétition, première sortie de route pour la sélection nationale lors d’un match disputé à la Beaujoire de Nantes… Autant dire qu’il serait mal venu d’y ajouter un bis repetita face à l’Irlande du Nord ce lundi du côté de Lille (21h10), alors même que la rencontre sera chargée d’une dimension sentimentale très forte pour le sélectionneur, qui y dirigera son dernier match dans l’Hexagone après quatorze années passées à la tête des Bleus.
L’identité même de l’adversaire, l’Irlande du Nord, sonne comme une invitation à relever la tête avec talent et conviction. 70e nation mondiale, incapable de se qualifier pour une phase finale de Coupe du monde depuis 1986, pas la moindre étoile à l’horizon… Cette formation nord-irlandaise a juste pour elle d’avoir été la seule à répondre favorablement aux demandes de la Fédération française de football, comme l’a souligné Deschamps en conférence de presse dimanche. «Je voudrais remercier l’Irlande du Nord d’avoir accepté ce match ici, parce que je vous assure que ça n’a pas été simple de trouver un adversaire, entre ceux qui voulaient jouer chez eux, ceux qui voulaient jouer aux États-Unis et ceux qui ne voulaient pas jouer contre nous. Mais je suis content d’avoir un profil un peu différent, avec une dominante athlétique et cette capacité qu’ils ont de transformer les touches en zone défensive en véritables corners. Cette équipe possède des joueurs de qualité et mon homologue fait un très bon travail. Il y a certainement une marge de progression pour cette équipe d’Irlande dans les années à venir.»
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Le retour du Ballon d’Or
Un discours, et un portrait flatteur, aux allures effectivement de remerciements très polis, tant le niveau réel de cette équipe nord-irlandaise interroge. Mais pour l’équipe de France, sur une telle rencontre, peu importe, ou presque, l’adversaire. Tout ce qui comptera, ce sera elle-même. Sa capacité à retrouver de l’impact et de l’allant sur le plan offensif après la bouillie, notamment en seconde période, proposé face aux Ivoiriens. Dans ce cadre, le retour des Parisiens Ousmane Dembélé, Désiré Doué et Bradley Barcola sonne comme une bonne nouvelle, même si Deschamps devrait encore avoir un œil sur le temps de jeu des uns et des autres, véritable nerf de la guerre à cette période. Hors de question de prendre le risque d’une blessure, même si celle-ci peut survivre de manière impromptue. «C’est compliqué d’attaquer un match à 50 % et de se dire qu’il faut y aller à moitié», confiait Adrien Rabiot sur le sujet. «Donc il faut jouer le match à fond en ayant l’idée de faire une belle dernière répétition pour arriver aux États-Unis avec beaucoup de confiance.»
La polémique Cherki vite écartée
De la confiance, sans excès cependant, comme l’avait rappelé Deschamps au début de la préparation. Avec cette défaite contre la Côte d’Ivoire comme « piqûre de rappel » même si, pendant que le sélectionneur prenait ses précautions, Rayan Cherki, lui, voulait « écraser tout le monde » lors du Mondial. Une note d’ambition bienvenue pour certains, une note d’arrogance pour d’autres. Pour Deschamps, «entre ce qu’il a dit, comment ça peut être retranscrit et lui, pourquoi il a dit ça, cela peut varier fortement. On lui a posé la question de savoir si on était favoris. Il a répondu : «Non, on n’est pas favoris, mais on va tout faire pour les écraser.» C’était dans un sens de motivation. Mais si c’est interprété dans le sens «On est plus que favoris car on va tous les écraser»… Il y a une lecture qui peut être différente. Avec les réseaux sociaux, depuis un bon moment, c’est souvent le cas.»
Une petite polémique sans guère d’importance, au final. Ce qui importe touche au pré vert, avec un Kylian Mbappé qui se verrait bien s’envoler pour les États-Unis, et l’hôtel Four Seasons de Boston qui fera bureau de camp de base de la France, avec un 57e mais en sélection, et même pourquoi pas un 58e pour effacer le record d’Olivier Giroud et non se contenter de l’égaler. En défense, après sa sortie cauchemardesque face aux Ivoiriens, Ibrahima Konaté devrait laisser sa place en charnière centrale à William Saliba, le Gunner en dos mineur sur ce début de préparation et avec qui le mot précaution prend tout son sens. Mais avec une équipe au coup d’envoi qui devrait très fortement ressembler à celle qui débutera contre le Sénégal le 16 juin, Deschamps entend bien vivre une victoire pour son dernier match sur le banc de la sélection dans l’Hexagone.

