Voilà, c’est fini. Mais, contrairement aux paroles de la chanson de Jean-Louis Aubert, il n’est pas certain que les parties impliquées dans l’échec du maintien du pôle niçois sur la carte des sites des Jeux olympiques d’hiver 2030 ne soient jamais amères l’une envers l’autre. Ce jeudi 4 juin, lors d’un nouveau bureau exécutif du comité d’organisation qui regroupe les parties prenantes du projet (Régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes ; État ; Comités nationaux olympiques et paralympiques français), la disparition de la cité azuréenne des JO-2030 a été officiellement actée.
Choisie dès la phase de candidature pour accueillir les épreuves de glace (hockey, patinage artistique, short-track, curling, à l’exception du patinage de vitesse qui aura lieu à Heerenveen aux Pays-Bas), mais aussi le centre des médias et la cérémonie de clôture, cette dernière n’aura finalement pas survécu aux dernières élections municipales.
Élu en mars dernier à la tête de la cité des Anges face à Christian Estrosi, Éric Ciotti n’a jamais infléchi sa position quant à sa”ligne rouge” : l’utilisation de l’Allianz Riviera pour les tournois de hockey, qui aurait nécessité l’immobilisation de l’enceinte pour l’OGC Nice entre trois et neuf rencontres. Un temps évoqué, la scission des compétitions femmes et hommes a finalement été retoquée par le Comité international olympique et la Fédération internationale qui ne souhaitaient pas séparer les athlètes de la glace entre plusieurs villes.
Le pôle briançonnais finalement conforté
Face à cette impasse, et les délais très réduits pour organiser les Jeux puisqu’ils doivent se dérouler dans moins de quatre ans (1er au 17 février 2030), le choix a donc été fait de sacrifier Nice au profit de Lyon. Une annonce officialisée ce jeudi 4 juin : “Comme annoncé vendredi 29 mai, le pôle glace sera repositionné dans la métropole de Lyon“, a annoncé le communiqué. Cet épilogue agit également la fin d’un principe présenté comme immuable dans cette organisation, le partage équitable des médailles entre le Nord et le Sud.
Avec la disparition de Nice, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur n’a plus qu’un pôle, celui situé dans le Briançonnais (Hautes-Alpes) qui doit accueillir à Serre Chevalier et Montgenèvre les épreuves de ski et snowboard freestyle ainsi que les sports additionnels. Face à la crainte d’un regroupement total des épreuves dans le Nord après la défection niçoise, le Cojop à d’ailleurs”souligné (son) souhait de conforter le pôle briançonnais dans le projet et les travaux d’instruction se poursuivent“. Les emblèmes de ces Jeux seront d’ailleurs dévoilés dans la cité Vauban le 18 juin prochain.
Une grosse économie après la perte de Nice ?
Si la perte du pôle niçois serait très préjudiciable pour la région, son président Renaud Muselier évoque un montant entre 800 millions et 1,1 milliard d’euros de pertes en termes de retombées économiques (tourisme, infrastructures, visibilité…), elle est peut-être une bonne nouvelle financière pour les JO-2030. L’organisation doit en effet organiser la manifestation planétaire avec un budget contraint qui préfèrerait de ces Jeux les moins chers de l’histoire (2,1 milliards au Cojop et 1,4 milliard à la Solidéo).
La disparition de Nice et de ses chantiers (constructions du village olympique et du complexe olympique et sportif, aménagement d’Allianz Riviera) au profit de la métropole lyonnaise et ses infrastructures déjà existantes (LDLC Arène) devrait réduire la note. Ainsi, d’après la ministre des Sports Marina Ferrari dans une réponse envoyée au député de Haute-Savoie Antoine Valentin, cette dernière estime d’une économie d’une “centaines de millions d’euros“va être faite grâce aux”infrastructures existantes et opérationnelles” qui “permettre de réduire les investissements nécessaires“. “Dans la prolongation des travaux sur la carte des chantiers, le Bureau exécutif a également examiné l’état d’avancement de la révision budgétaire du projet. Le pôle glacé, ainsi repositionné, constitue une solution moins coûteuse qui permet de maintenir une trajectoire budgétaire maîtrisée et un équilibre financier du projet global.“, confirme le Cojop dans son communiqué.
Le comité d’organisation entre dans sa dernière ligne droite concernant l’établissement de la carte des sites. Attendue depuis plus d’un an, celle-ci devrait être dévoilée le 29 juin prochain lors d’un Conseil d’Administration après que celle-ci ait été validée par le Comité international olympique le 22 juin. La fin d’un très long feuilleton, qui peut encore réserver quelques surprises d’ici-là.
Anaïs Lançon, nouvelle directrice de la communication
Après le temps des départs, celui des arrivées. Les derniers mois avaient été ceux de la crise pour les Jeux olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises. Outre les problèmes liés à la carte des sites, le Comité d’organisation avait été confronté à une succession de défections : celles de deux directeurs (Anne Murac aux opérations et Arthur Richer à la communication) ainsi que celle son directeur général Cyril Linette au beau milieu des JO de Milan Cortina, sans oublier du président du comité des rémunérations Bertrand Méheut.
Petit à petit, au fil des mois, une équipe est en train d’être reconstituée autour d’Edgar Grospiron, le président du Cojop. Après l’arrivée du nouveau directeur général Vincent Roberti, une autre vient d’être officialisée. Anaïs Lançon a été nommée au poste de directrice de la communication à la place d’Arthur Richer, parti en janvier dernier. “Forte de plus de vingt-cinq années d’expérience dans la communication institutionnelle et stratégique, Anaïs Lançon a exercé des responsabilités de premier plan au sein d’organisations majeures. Reconnue pour son expertise des enjeux institutionnels, médiatiques et de communication de crise, elle apporte également une connaissance précieuse de l’environnement des Jeux, acquise notamment dans le cadre de Paris 2024“, dévoile le Cojop dans un communiqué.

