Donald Trump semble avoir quelque peu changé son discours concernant l’Iran. Alors qu’il dénonçait le régime des mollahs qui tue des milliers de manifestants iraniens, au tout début de la guerre en Iran et au Liban, il a affirmé mercredi que lui et l’ayatollah Mojtaba Khamenei “semblent s’entendre plutôt bien”.
L’essentiel
- La guerre en Iran vit son 95e jour ce mardi 3 juin 2026, alors que les États-Unis et l’Iran échangent toujours frappes et ripostes, malgré le cessez-le-feu en vigueur. Des attaques de missiles et de drones ont également visé tôt mercredi le Koweït et l’armée a tenté de les intercepter. Un conseiller du guide suprême iranien a promis « un déluge de missiles et de drones » en cas de nouvelle agression américaine. Mais de son côté, Donald Trump a fait quelques déclarations surprenantes. Interrogé que l’ayatollah Mojtaba Khamenei, il a affirmé qu’il semble que lui et le président américain s’entendent “plutôt bien”. Et d’ajouter : “J’aimerais le rencontrer. J’adorerais rencontrer tout le monde et nous allons probablement nous rencontrer, selon ce qui va se passer.”
- La guerre entre Israël et le Liban s’intensifie elle aussi malgré le cessez-le-feu. Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré les promesses d’apaisement de Washington. Le Hezbollah, lui, n’acceptera pas un “cessez-le-feu partiel” avec Israël, a affirmé mardi à l’AFP un haut responsable de la formation pro-iranienne, menaçant d’une riposte du mouvement en cas d’attaque israélienne sur Beyrouth et sa banlieue. Benyamin Netanyahou a déclaré que son armée “continuerait à opérer comme prévu dans le sud du Liban”, où elle progresse comme jamais depuis près de 30 ans, affirmant vouloir y “écraser” le Hezbollah pour protéger le nord de son pays de ses attaques.
- Les négociations pour mettre fin à la guerre en Iran se poursuivra “sans interruption”, assure Donald Trump, réfutant des informations selon lesquelles Téhéran avait rompu le dialogue avec Washington à cause de l’offensive israélienne au Liban. Les USA ont envoyé une nouvelle version de l’accord à Téhéran en durcissant leur position sur le nucléaire iranien selon le New York Times et Axios. Le texte “stipule très clairement que l’Iran ne possède pas d’arme nucléaire”, selon le président américain. L’Iran dément ce dernier détail et continue d’étudier le texte avec une “extrême prudence” sans y avoir répondu selon l’agence Mehr. Mercredi soir, Téhéran affirmait toutefois qu’il n’y avait “aucun progrès tangible” dans les négociations avec les États-Unis alors que Donald Trump déclarait de son côté que les discussions avec l’Iran pourraient aboutir “ce week-end”.
- Le détroit d’Ormuz est toujours bloqué par l’Iran. Le régime iranien affirme pourtant autoriser le transit de certains navires qui imposent des frais pour les “services de navigation” et a démenti vouloir instaurer un péage. Il assure “contrôler le trafic et la navigation” grâce à un dispositif coordonné avec Oman.
En direct
03/06/26 – 23:52 – Un texte ordonnant la fin de la guerre contre l’Iran approuvé par les députés américains
FIN DU DIRECT – Mercredi soir, les députés américains ont approuvé un texte ordonnant le retrait des troupes américaines engagées dans la guerre contre l’Iran. Un coup dur pour Donald Trump, mais la résolution a surtout une portée symbolique, le droit de veto du président prévalant.
03/06/26 – 22:58 – Les négociations pourraient aboutir “ce week-end” avec l’Iran, affirme Donald Trump
À l’occasion d’un échange avec la presse dans le bureau Ovale, le président américain Donald Trump s’est montré plutôt confiant quant aux négociations avec l’Iran ce mercredi soir. Les discussions pourraient, selon lui, aboutir dès “ce week-end”. Il n’a toutefois pas exclu la possibilité qu’elles puissent également échouer, mais a assuré qu’elles se passaient “très bien”. Il a par ailleurs indiqué son souhait de “séparer” les discussions sur l’Iran et sur le Liban.
03/06/26 – 20:56 – Pas de “progrès tangible” selon l’Iran
Il n’y a “aucun progrès tangible” dans les négociations avec les États-Unis, a affirmé mercredi soir le ministre iranien des Affaires étrangères auprès de la télévision libanaise. “Des messages ont été échangés concernant la nécessité de mettre fin à l’agression contre Beyrouth mais aucun progrès tangible n’a été réalisé dans le processus de négociation”, at-il expliqué, faisant alors référence aux frappes israéliennes contre le Hezbollah au Liban. Et d’ajouter que “le retour à la table des négociations est conditionné à : la garantie des droits du peuple iranien, la fin de la guerre au Liban et la réduction des tensions dans la région”.
03/06/26 – 18:42 – Benyamin Netanyahou affirme vouloir, comme Donald Trump, “désarmer le Hezbollah et démilitariser le Liban”
“Si nous voulons sauver le Liban, si nous voulons parvenir à une paix entre le Liban et Israël, comme je le souhaite, nous devons désarmer le Hezbollah et démilitariser le Liban”, a souligné Benyamin Netanyahou dans un entretien accordé à la chaîne américaine CNBC, avant d’ajouter : “C’est un objectif que le président (Donald Trump) et moi partageons, et c’est ce que nous devons faire.”
03/06/26 – 18:07 – L’appel de Sébastien Lecornu aux autres pays européens sur la situation au Liban
Face à l’Assemblée nationale ce mercredi, le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a estimé que “d’autres pays européens” doivent aider la France à “sécuriser le Liban” alors que les Casques bleus doivent quitter le pays fin 2026. Une situation qui laisse redouter un vide sécuritaire dans le sud du pays occupé par Israël. Face à l’occupation israélienne, le Liban espère une force internationale qui remplacerait la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) tandis que le secrétaire général de l’ONU recommande un maintien des troupes onusiennes. Mais cette option n’est évidemment pas du goût des États-Unis et d’Israël, membres de l’ONU. L’alternative européenne semble donc une option d’autant qu’avec l’Espagne et l’Italie, la France est un contributeur important de la Finul.
03/06/26 – 15:23 – Donald Trump assume un échange musclé avec Benjamin Netanyahou
Donald Trump a confirmé mercredi avoir eu un échange tendu avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, affirmant dans une interview au New York Post être mécontent de la politique israélienne au Liban. Son homologue israélien est “complètement cinglé”, at-il dit, selon le média Axios. “Je ne dirais pas que j’étais vraiment en colère. J’étais un peu perturbé par le fait qu’il se batte sans arrêt avec le Liban. A un moment, j’ai dit : “Bibi, il faut qu’on arrête ça”, at-il lâché. “Tu serais en prison sans moi. Je te sauve la mise. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça”, a-t-il lancé l’ex-magnat de l’immobilier.
03/06/26 – 14:39 – Trump “aimerait rencontrer” le guide suprême iranien
Donald Trump déclare qu’il “aimerait rencontrer” Mojtaba Khamenei, définissant dans une interview au site du New York Post que le guide suprême iranien était réellement “impliqué” dans les décisions de Téhéran. “J’aimerais le rencontrer. J’adorerais rencontrer tout le monde et nous allons probablement nous rencontrer, selon ce qui va passer”, at-il ajouté.
03/06/26 – 14:31 – Les Gardiens de la Révolution revendiquent l’attaque au Koweït
Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, ont revendiqué mercredi des frappes sur le Koweït, menés en représailles à des attaques américaines contre un pétrole iranien et une île. “En réponse à cette agression, la base aérienne d’Ali al-Salem au Koweït abritant des hélicoptères, ainsi que le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn, ont été attaqués par des missiles et des drones des forces des Gardiens”, ont indiqué ces derniers sur leur chaîne Telegram officielle.
En savoir plus
Le début de la guerre en Iran, lancé par les Etats-Unis et Israël
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe de frappes sur l’Iran. Côté israélien, l’opération est nommée “Roaring Lion” (Lion rugissant), côté américain “Epic Fury” (“Fureur épique”). Les objectifs vont du renversement du régime à l’affaiblissement du programme nucléaire iranien, en passant par la destruction des capacités militaires de la République islamique, jugées comme une menace, notamment par Israël.
En plus de cibler l’arsenal iranien, la coalition israélo-américaine va mener une campagne d’élimination des dirigeants iraniens. Un nombre important de personnalités politiques du régime sont tuées dès les premières heures du conflit, dont le guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba Khamenei, qui a repris le flambeau le 8 mars 2026, a lui aussi été ciblé et son état de santé va rapidement faire l’objet de spéculations.
La réplique de l’Iran et la contagion au Liban et au Moyen-Orient
Dès le 28 février 2026, l’Iran a répliqué aux frappes des Etats-Unis et Israël, en lançant des centaines de drones et missiles balistiques vers Israël et vers les bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
Dans la nuit du 1er au 2 mars, en réponse à la mort d’Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de l’Iran, a lancé depuis le Liban des salves de roquettes et de drones vers le nord d’Israël. L’armée israélienne a qualifié cette offensive de « déclaration de guerre officielle » et a lancé une vaste campagne de bombardements au Liban.
Le 2 mars 2026, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, bloquant instantanément de nombreux navires de fret et pétroliers, et suspendant une partie importante du trafic pétrolier mondial. L’Agence internationale de l’énergie a qualifié cette fermeture de “plus forte perturbation d’offre de l’histoire”.

