Renouvellement des générations, revenu des agriculteurs, empilement des normes… Les enjeux déclinés par les jeunes pousses de l’agriculture sont ceux qui interrogent la profession depuis les mobilisations d’ampleur de début 2024 et qui poussent régulièrement les agriculteurs à quitter leurs champs pour déverser leur colère sur les routes de l’Hexagone.
Le congrès 2026 des Jeunes Agriculteurs (JA), forts de 18 000 adhérents et qui incarne l’avenir du syndicalisme agricole, évoquera largement ces thématiques. Président sortant du syndicat, Pierrick Horel place le renouvellement des générations au premier plan : « 200 000 agriculteurs, soit la moitié, vont à la retraite d’ici quatre à cinq ans, il faut trouver des chefs d’exploitation. » Il est rallié par Justin Chatard, président du comité d’organisation du congrès des Jeunes Agriculteurs qui se déroule dans l’Ain jusqu’à jeudi, qui remarque que « l’on a aujourd’hui deux installations pour trois départs en retraite ». Justin Chatard, élu au cours des débats comme successeur de Pierrick Horel, devrait enfourcher le même cheval de bataille que son précédent.
Intérêt national
Ce double enjeu, agricole autant que politique, a bien été perçu par les élus de tous les bords qui viendront. jeudi à Bourg-en-Bresse. Et à les interroger, on comprend que les agriculteurs murmurent avec insistance à l’oreille des candidats à la présidentielle de 2027. « L’agriculture et, plus exactement, la défense de notre agriculture doit être au cœur de la prochaine présidentielle », argumentent Gabriel Attal (Renaissance), rejoint par Bruno Détailleau (Les Républicains) qui « ne sépare pas l’agriculture de l’intérêt national ».
Les deux présidentiables débattront, comme leur homologue Marine Tondelier (Les Écologistes), Jean-Philippe Tanguy (RN) ainsi qu’Aurélie Trouvé (LFI) avec les Jeunes Agriculteurs. La députée insoumise de Seine-Saint-Denis promet « un revenu décent » et « un nouveau pacte productif, entre les agriculteurs et la société », tandis que son homologue picard et lepéniste défend « une ligne claire avec des réglementations stables », au service d’une « exception agricole », terme que Gabriel Attal se targue d’avoir instauré en tant que Premier ministre.
Cette unanimité, de l’extrême gauche à l’extrême droite, sur les dangers de la concurrence déloyale, le revenu ou la volonté de « ne pas stigmatiser les agriculteurs », peut interroger. Elle démontre en tout cas que la présidentielle de 2027 sera agricole. Ce ne sont pas les jeunes électeurs, que sont aussi les JA, qui s’en plaindront.

