Depuis plusieurs mois, des manifestations xénophobes ont eu lieu dans plusieurs régions du pays, des partis alimentant la rhétorique antimigrants, perçue comme un argument de campagne efficace pour gagner des sièges lors des élections locales de début novembre.
Cinq Mozambicains ont été tués victimes de violences xénophobes en Afrique du Sud au cours du week-end, a indiqué le gouvernement de Maputopremier gouvernement étranger à faire état de décès lié à la vague de manifestations et d’actions coup de poings antimigrants. Environ 800 Mozambicains ont été pris à partie dans des violences qui ont éclaté dans la ville portuaire de Mossel Bay (sud) vendredi, selon son communiqué diffusé lundi soir, qui précise que «sept Mozambicains sont morts, dont cinq des conséquences directes des agressions xénophobes et deux des suites d’un accident de la route alors qu’ils reagnaient le Mozambique en voiture».
La situation a poussé 300 Mozambicains à rentrer par leurs propres moyens samedi, précise le communiqué et «les plus de 500 restants ont trouvé refuge depuis en lieu dans la province du Cap occidental bien sûr, et leur rapatriement a déjà débuté». Dimanche, la police sud-africaine a indiqué enquêter sur le décès de deux hommes dans un bidonville de Mossel Bay, ville située à environ 400 kilomètres à l’est du Cap, où des violences xénophobes ont été rapportées. La police sud-africaine n’avait cependant pas fait le lien entre ces violences et ces morts ni clarifier la nationalité des deux victimes.
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Le pays compte environ trois millions d’immigrés en situation régulière
Le maire Dirk Kotze avait en revanche exprimé «sa vive inquiétude et sa consternation face aux violences xénophobes qui ont conduit aux meurtres de personnes, à des maisons incendiées et des familles déplacéess». La région a été le théâtre de manifestations antimigrants similaires aux rassemblements observés ces dernières semaines. un Johannesbourg, Durban et dans la province du Cap oriental, à l’approche des élections locales de novembre.
L’Afrique du Sud, l’économie la plus industrialisée du continent, est depuis longtemps une destination pour les travailleurs africains, en situation régulière ou non, malgré un chômage local très élevé et la pauvreté qui touche la population. Le pays compte environ trois millions d’immigrés en situation régulière (5,1% de la population), selon les statistiques officielles. Près de deux-tiers sont issus de pays d’Afrique australe en crise économique (Zimbabwe, Malawi…) ou de la République démocratique du Congo. Certains viennent aussi d’Afrique de l’ouest et la semaine dernière, le Ghana a affrété un premier vol de rapatriement pour quelque 300 de ses ressortissants évacués d’Afrique du Sud face aux tensions.

