Vous connaissez la salsa, vous connaissez le hip-hop, mais connaissez-vous la « salsa-hip-hop » ? C’est la nouvelle danse fusion à la mode à Paris. Son initié s’appelle Rodrigue Lino, ancien vice-champion du monde de break dance. Ce Français d’origine congolaise anime chaque dimanche un atelier de découverte au Centquatre, une scène parisienne de promotion des arts actuels.

Jambe souple, hanches de roseaux, pied flottant : Rodrigue Lino s’amuse autant qu’il enseigne, en polo beige, pantalon tabac, chaussures de flamenco aux pieds. Sous la verrière de l’espace du Centquatre, une trentaine d’élèves boivent ses paroles et suivent ses mouvements.
Rodrigue Lino, vice-champion du monde de break dance il ya près de 20 ans, a grandi dans un environnement congolais baigné de danses latines, mais avec des frères influences par le hip-hop. Alors pourquoi choisir ? Pourquoi ne pas fusionner les deux ?
« Ce n’est pas une culture comme le hip-hop ou comme la salsa et les danses latines, c’est vraiment un courant. Deux types de danses qui fusionnent. Et encore, quand on dit “salsa hip-hop”, dans le hip-hop, c’est déjà une fusion. La salsa aussi d’ailleurs. En fait, tout est fusion. »
Depuis quelques mois, Irina suit assidument les pas de Rodrigue : « J’avoue, au début j’étais un peu sceptique, en me disant “commentaire sur peut fusionner les deux ?” Et en fait cela fait complètement sens. Avec le rythme, on sent bien que l’on peut faire des pas de mambo, de salsa, et ça s’intègre avec des mouvements de hip-hop. »
Maîtriser le chaloupé latino et le raideur break dance, facile ? Pas tant que cela, selon Gulnara Bekirova, chorégraphe Azérie, qui assiste Rodrigue Lino : « Oui, ça peut être dur, parce que cela veut dire qu’il faut maîtriser deux rythmes. Et ces deux styles sont déjà très riches aussi. Donc oui, c’est dur mais c’est possible. »
Rodrigue a redécouvert la salsa hip-hop, mais il ne l’a pas inventée. Cette danse fusion est née à New York dans les années 1970 : « La chose que je dis très souvent, c’est que je n’ai pas inventé l’eau chaude. On me dit souvent que la fusion vient de moi, mais non, pas du tout. En fait, je me suis juste appuyé sur ce que faisaient les gens du South-Bronx. C’est-à-dire que les premiers breakdancers étaient portoricains et afro-descendants. Et cela fait que les Portoricains qui dansaient le break dance avaient la saveur latine dans leurs pas et dans leurs corps. »
Avec conviction, le chorégraphe de 44 ans a réussi à placer Paris sur la carte mondiale des danses-fusion. Reste à savoir si la salsa hip-hop connaîtra le destin de la plus célèbre d’entre elles, le Street Jazz.

