Trois autres segments des électeurs du président de la République s’en éloignent : 27% sont «tentés par la droite», 23% «tentés par la gauche» et 15% se disent «désabusés».
Seulement un tiers des électeurs d’Emmanuel Macron en 2022 reste attachés au bloc central à l’approche de 2027. Mais parmi eux, une majorité réclame des réformes profondes, selon une étude de la Fondation Jean-Jaurès publié vendredi. Seuls 35% des électeurs d’Emmanuel Macron de 2022 – les «héritiers» – restent fidèles au bloc central, autour d’Édouard Philippe et Gabriel Attal. Trois autres segments s’en éloignent : 27% sont « tentes par la droite »23% « tentes par la gauche » et 15% se disent «désabusés». Une fragmentation symptomatique de l’ancien électorat macroniste.
En 2022, Emmanuel Macron avait été réélu en aspirant aux votes de la gauche et de la droite et ce dès le premier tour. Au détriment d’Anne Hidalgocandidat socialiste (1,74%) et Valérie Pécressecandidat LR (4,79%). Mais même parmi les «héritiers» du bloc centriste, seulement 34,5% déclarent une forte probabilité de voter Horizons – le parti fondé par Édouard Philippe en 2021 – et 32,5% pour Renaissance, dirigé par Gabriel Attal, fraîchement déclaré candidat à la présidentielle.
Passer la publicité
Sur le fond, la majorité des « héritiers » refuse la continuité
Les deux anciens premiers ministres se retrouvent ainsi en concurrence directe, avec la perspective d’un retrait du moins bien placé début 2027 si le risque d’un deuxième tour RN-LFI se précise. Édouard Philippe semble avoir à ce stade les faveurs de l’ancien électorat Macron. Lorsque les électeurs potentiels sont excités sur leur niveau de satisfaction en cas de victoire finale, le maire du Havre devance Gabriel Attal dans les quatre groupes identifiés.
Sur le fond, la majorité des «héritiers» refuser la continuité : 57% souhaitent « Réformer la société française en profondeur ». La stratégie du rempart – électeur centriste pour faire barrage au RN ou à Jean-Luc Mélenchon – ne suffit plus, y compris dans ce noyau dur, explique Antoine Bristielle, auteur de l’étude et directeur de l’Observatoire de l’opinion à la Fondation Jean-Jaurès.
Chez les « tentes par la droite »le glissement se joue sur les questions identitaires : 67% jugent que maîtriser l’immigration sera déterminant dans leur vote et 70% estiment qu’il ya «trop d’immigrés en France». Les « tentes par la gauche » glissent vers le centre-gauche sur les questions sociales et environnementales. Urbains et diplômés, ils sont à 59% à placer la préservation de l’environnement parmi leurs priorités. Chez les «désabusés»51% se déclarent insatisfaits du bilan de Macron. L’étude s’appuie sur l’enquête électorale Ipsos pour la Fondation Jean-Jaurès, Le Monde et le Cevipof, réalisée auprès de plus de 11.000 Français, principalement sur la vague d’avril 2026.

