Abidjan, 22 mai 2026 (AIP) – Le directeur de la Recherche et de l’Innovation du Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricole (CORAF), Dr Emmanuel Njukwea plaidé vendredi 22 mai 2026 à Abidjan pour le renforcement d’une réponse régionale durable face aux bioagresseurs transfrontaliers qui menacent les productions agricoles en Afrique de l’Ouest et du Centre.
S’exprimant à l’ouverture de l’atelier de clôture du projet Biorisks organisé à Abidjan, le Dr Emmanuel Njukwe a estimé que « la réponse à une menace régionale ne peut qu’être régionale », soulignant la nécessité pour les Etats de mutualiser leurs moyens humains, techniques et financiers pour faire face aux maladies et ravageurs agricoles.
Mis en œuvre entre 2020 et 2026 dans dix pays africains, le projet Biorisks a retenu d’un financement de cinq millions d’euros de l’Union européenne à travers l’initiative DeSIRA, avec l’appui de partenaires tels que la fondation Bill and Melinda Gates et le FCDO britannique.
Le responsable du CORAF a rappelé que le projet a été lancé dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19 qui a perturbé plusieurs activités. « Les acteurs de la mise en œuvre ont fait preuve de résilience pour mener à bien leurs activités », at-il salué, pertinent que cette mobilisation a permis d’obtenir des résultats jugés satisfaisants malgré les contraintes sanitaires.
Selon lui, le projet a contribué à renforcer les capacités de surveillance et de riposte contre plusieurs bioagresseurs, notamment le virus de la mosaïque du manioc, la striure brune du manioc et la chenille légionnaire d’automne, dont la propagation est favorisée par les échanges commerciaux, les semences non certifiées et les effets du changement climatique.

Le Dr Emmanuel Njukwe a également insisté sur l’importance des investissements dans les ressources humaines et l’innovation technologique. « Investir dans les chercheurs, les techniciens, les étudiants et les agents de terrain, c’est l’investissement le plus durable qui soit », at-il déclaré, évoquant la formation de 13 doctorants dans le cadre du projet.
Il a en outre mis en avant l’utilisation d’outils numériques adaptés aux réalités africaines, notamment l’application PlantVillage Nuru destinée à la détection précoce des maladies des cultures.
Le directeur de la Recherche et de l’Innovation du CORAF a enfin annoncé la création prochaine de l’Alliance régionale pour les biorisques (RAB), portée avec plusieurs partenaires dont le centre de recherche WAVE. « La clôture d’un projet ne doit jamais signifier la clôture d’une dynamique », a-t-il affirmé, précisant que cette plateforme assurera la continuité des systèmes d’alerte précoce et de la coopération phytosanitaire régionale.
(AIP)
haa
