Après la visite du médiateur pakistanais dans la capitale iranienne, l’Iran a déclaré “examiner” une nouvelle proposition de paix des Etats-Unis. Malgré cette reprise de négociations indirectes, deux points de friction subsistent entre Téhéran et le président américain Donald Trump.
L’essentiel
- La guerre en Iran connaît son 84e jour ce vendredi 22 mai. Donald Trump a lors assuré d’une conférence de presse que les Etats-Unis allaient récupérer l’uranium enrichi de l’Iran pour “le détruire”. De son côté, le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a toutefois donné pour destinataire de ne pas exporter l’uranium, ont déclaré deux sources iraniennes de haut rang à Reuters. Jeudi, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a lui fustigé les pays de l’Otan qui “refusaient de faire quoi que ce soit” en soutien aux Etats-Unis dans la guerre.
- Les négociations sur la fin de la guerre en Iran se poursuit, sans aboutir. Après la visite du médiateur pakistanais dans la capitale iranienne, l’Iran a déclaré “examiner” une nouvelle proposition de paix des Etats-Unis, Donald Trump avertissant que la situation était “sur le fil”. “Espérons (…) que cela fera avancer les choses”, a déclaré le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, qui a fait état de progrès dans les négociations entre les deux partis. Un média saoudien est allé plus loin, en évoquant l’imminence d’un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran. L’enrichissement d’uranium et la gestion du détroit d’Ormuz constituant, toujours, les deux principaux points de friction.
- Le détroit d’Ormuz par lequel transite 20% du pétrole mondial est toujours bloqué par l’Iran. Téhéran se sert du passage pour mettre la pression aux Etats-Unis et à fait trois annonces : il a évoqué la taxation des câbles internet sous-marins passant dans le détroit d’Ormuz, le sabotage de ces mêmes câbles et a officialisé la création de l’Autorité du détroit du Golfe Persique (PGSA), un organisme censé gérer le détroit. Cet organisme a déjà revendiqué la gestion totale d’une zone allant jusqu’aux eaux au sud du port émirati de Fujaïrah. Donald Trump, lui, exige la suppression des pénalités pour les navires transitant par le détroit d’Ormuz : “Nous voulons qu’elle soit ouverte, nous voulons qu’elle soit gratuite. Nous ne voulons pas de pénalité”, a-t-il déclaré. “C’est une voie navigable internationale”, conclut-il.
- Au Libanune prolongation du cessez-le-feu avec Israël pour une durée de 45 jours a été actée à l’issue de pourparlers libano-israéliens à Washington. Les bombardements israéliens se poursuivant : Tsahal a annoncé tôt ce vendredi matin avoir tué deux “individus armés” qui se déplaçaient “de façon suspecte” près de sa frontière avec le Liban. Au moins 3 073 personnes ont été tuées et 9 362 blessées par des attaques israéliennes au Liban depuis le 2 mars, selon les derniers chiffres du ministère de la santé libanais.
En direct
12:43 – Marco Rubio fait partie de “progrès légers” dans les négociations avec l’Iran
Ce vendredi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio annonce des “progrès légers” dans les discussions avec l’Iran, sans donner plus de détails. “Nous attendons des nouvelles des discussions qui sont en cours. Il ya eu quelques progrès légers (…) mais les points fondamentaux restent les mêmes. L’Iran ne peut pas se doter de l’arme nucléaire”, indique-t-il devant les journalistes.
12h20 – Un responsable émirati estime à “50-50” les chances d’un accord Téhéran-Washington sur Ormuz
Un responsable des Émirats arabes unis a estimé vendredi à “50-50” les chances pour les États-Unis et l’Iran de trouver un accord permettant de débloquer le détroit d’Ormuz. Les responsables iraniens “ont raté beaucoup d’occasions ces dernières années à cause d’une tendance à surexaminer leurs cartes”, a ajouté le haut conseiller du président émirati Anwar Gargash, en déplacement à Prague pour la conférence sur la sécurité Globsec. “J’espère qu’ils ne vont pas recommencer cette fois”, conclut-il.
10h23 – Deux hommes “armés” tués dans le sud du Liban
L’armée israélienne a annoncé tôt ce matin avoir tué deux hommes qui “se déplaçaient de façon suspecte” près de sa frontière, dans le sud du Liban. L’agence officielle libanaise Ani a quant à elle fait état de quatre personnels de santé tués dans une frappe israélienne dans la nuit, près de Tyr. Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril, Israël poursuit ses opérations au Liban où il dit combattre le Hezbollah pro-iranien.
10:12 – Nouvelle rencontre entre le médiateur pakistanais et l’Iran
Le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, a rencontré une nouvelle fois son homologue iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghch , afin de discuter d’une proposition de trêve entre Téhéran et Washington, annonce l’agence de presse iranienne Tasnim sur Telegram. Lors de cette rencontre, les deux responsables ont examiné les dernières propositions visant à “résoudre les différends” entre les Etats-Unis et l’Iran et mettre fin à la guerre, précise le communiqué.
09:58 – L’uranium et Ormuz, sujets sensibles entre Washington et Téhéran
Donald Trump a lors assuré d’une conférence de presse que les Etats-Unis allaient récupérer l’uranium enrichi de l’Iran pour “le détruire”. De son côté, le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a donné pour destinataire de ne pas exporter l’uranium, ont déclaré deux sources iraniennes de haut rang à Reuters. Un premier point de friction entre Washington et Téhéran, malgré la visite du médiateur pakistanais dans la capitale iranienne. L’Iran a même déclaré “examiner” une nouvelle proposition de paix des Etats-Unis. Un média saoudien est lui allé plus loin, en évoquant l’imminence d’un accord de cessez-le-feu entre les deux parties.
Cependant, outre le sujet de l’uranium, un second fait office de point de friction important en vue d’une résolution de la guerre : le détroit d’Ormuz. Donald Trump exige la suppression des pénalités pour les navires transitant par le détroit d’Ormuz : “Nous voulons qu’elle soit ouverte, nous voulons qu’elle soit gratuite”, martèle-t-il, alors que l’Iran vient d’annoncer la création de l’Autorité du détroit du Golfe Persique (PGSA), un organisme censé gérer le détroit.
En savoir plus
Le début de la guerre en Iran, lancé par les Etats-Unis et Israël
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe de frappes sur l’Iran. Côté israélien, l’opération est nommée “Roaring Lion” (Lion rugissant), côté américain “Epic Fury” (“Fureur épique”). Les objectifs vont du renversement du régime à l’affaiblissement du programme nucléaire iranien, en passant par la destruction des capacités militaires de la République islamique, jugées comme une menace, notamment par Israël.
En plus de cibler l’arsenal iranien, la coalition israélo-américaine va mener une campagne d’élimination des dirigeants iraniens. Un nombre important de personnalités politiques du régime sont tuées dès les premières heures du conflit, dont le guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba Khamenei, qui a repris le flambeau le 8 mars 2026, a lui aussi été ciblé et son état de santé va rapidement faire l’objet de spéculations.
La réplique de l’Iran et la contagion au Liban et au Moyen-Orient
Dès le 28 février 2026, l’Iran a répliqué aux frappes des Etats-Unis et Israël, en lançant des centaines de drones et missiles balistiques vers Israël et vers les bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
Dans la nuit du 1er au 2 mars, en réponse à la mort d’Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de l’Iran, a lancé depuis le Liban des salves de roquettes et de drones vers le nord d’Israël. L’armée israélienne a qualifié cette offensive de « déclaration de guerre officielle » et a lancé une vaste campagne de bombardements au Liban.
Le 2 mars 2026, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, bloquant instantanément de nombreux navires de fret et pétroliers, et suspendant une partie importante du trafic pétrolier mondial. L’Agence internationale de l’énergie a qualifié cette fermeture de “plus forte perturbation d’offre de l’histoire”.

