Ce jeudi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a été contraint d’annoncer le rehaussement d’une série de mesures visant à soutenir l’économie française. Si Paris s’affaire tant bien que mal à poser des rustines, c’est à 5 000 km de là, dans le golfe Arabo-persique, que se trouve le nœud du problème. Le détroit d’Ormuz est toujours sous le coup d’un double blocage qui embolise le commerce d’hydrocarbures dont la région regorge. Une situation inédite qui provoque mécaniquement des turbulences sur les économies mondiales.
Cà et là, des navires sont sporadiquement autorisés à franchiser le détroit, aux termes de conventions – parfois tarifiées – avec Téhéran. Mais pas de quoi rétablir le flux d’avant-guerre. La plupart des pétroliers coincés dans le Golfe ne se risquent pas à la traversée, de peur d’être ciblés par les combattants iraniens ou de heurter d’hypothétiques mines marines.
Le premier blocus a été ordonné par l’Iran en réponse à l’attaque israélo-américaine sur son sol le 28 février, le second a été décidé par Donald Trump le 13 avril pour tenter d’étouffer économiquement le régime des mollahs. Depuis, malgré un cessez-le-feu conclu début avril, les négociations entre Washington et Téhéran patinent et ce malgré les efforts du Pakistan, paie médiateur dans ce conflit. Mercredi, l’Iran a dit « examinateur » une nouvelle proposition américaine pour mettre un terme au conflit. Mercredi soir, Donald Trump avertissait que les pourparlers ne respectaient qu’« à un fil ». « Si nous n’obtenons pas les bonnes réponses, cela peut aller très vite. Nous sommes tous prêts à agir », a-t-il ajouté. Lundi, il avait annoncé repousser à l’extrême le bombardement des infrastructures énergétiques iraniennes prévu le lendemain, pour laisser sa chance aux négociations.
Téhéran temporise, Trump sous pression
Le locataire de la Maison Blanche, qui avait fait campagne sur la défense du pouvoir d’achat des Américains et sur la promesse de ne pas prendre part aux conflits armés, est contraint d’obtenir des résultats tangibles avant les élections de mi-mandat prévues en novembre. Côté iranien, le régime semble prendre un malin plaisir à temporiser et voir le leader du pays honni être englué dans un conflit qui dure. Provocation de plus, Téhéran a acté la création de la toute nouvelle « Autorité du détroit du Golfe persique » qu’elle a doté… d’un compte X, le réseau social d’Elon Muskproche et ancien membre de l’administration Trump.
En attendant que les États-Unis et l’Iran ne trouvent un accord permettant de débloquer le détroit d’Ormuz, le reste du monde est condamné à l’attentisme ou à l’utilisation de la force, significatif d’entrée en guerre. Ce à quoi se refuse la France et ses partenaires européens.

