Cette nuit, Donald Trump a annoncé avoir annulé au dernier moment une attaque qui devait frapper l’Iran ce mardi 19 mai et a estimé qu’il y avait de “très bonnes chances” d’obtenir un accord avec Téhéran. Pourtant, rien n’a changé entre les positions inconciliables de l’Iran et des Etats-Unis.
L’essentiel
- La guerre en Iran entre dans 81ème jour ce mardi 19 mai. La trêve est toujours de mise après que Donald Trump a annoncé dans la nuit avoir renoncé à l’extrême à une attaque tenue secrète et prévue pour ce mardi à la demande de plusieurs pays du Golfe qui militent pour un accord. Le président américain a toutefois prévenu qu’une “attaque totale et à grande échelle contre l’Iran” est possible “à tout moment” en l’absence d’accord. En face, Téhéran s’est dit “pleinement prêt à toute éventualité”.
- Les négociations sur la fin de la guerre en Iran sont au point mort, mais Donald Trump a estimé qu’il y avait de “très bonnes chances” de parvenir à un accord avec l’Iran alors qu’aucun des pays n’a fait évoluer ses positions… Selon l’agence iranienne Fars, Washington a présenté une liste de cinq points exigeants que l’Iran ne maintienne qu’un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d’uranium hautement enrichi aux Etats-Unis. Le pays refuse par ailleurs de débloquer “ne serait-ce que 25%” des avoirs iraniens gelés à l’étranger ou de verser des réparations pour les dommages subis par l’Iran pendant la guerre. L’Iran dit avoir répondu à cette dernière proposition “via le médiateur pakistanais” sans préciser ses demandes, mais il est peut probable que le pays accepte les conditions américaines.
- Le détroit d’Ormuz par lequel transite 20 % du pétrole mondial est toujours bloqué par l’Iran. Téhéran se sert du passage pour mettre la pression aux Etats-Unis et à fait trois annonces : il a évoqué la taxation des câbles internet sous-marins passant dans le détroit d’Ormuz, le sabotage de ces mêmes câbles et a officialiser la création de l’Autorité du détroit du Golfe Persique (PGSA), un organisme censé gérer le détroit. L’Europe s’oppose fermement au contrôle du détroit d’Ormuz par l’Iran.
- Au Libanune prolongation du cessez-le-feu avec Israël pour une durée de 45 jours a été actée à l’issue de pourparlers libano-israéliens à Washington. Mais dans le même temps, des frappes israéliennes ont de nouveau touché le Liban et fait des victimes militaires, mais aussi civiles.
En direct
11:58 – Sébastien Lecornu rencontre le ministre de la Défense émirati
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’entretiendra cet après-midi à 17 heures, à Matignon, avec Mohamed Bin Moubarak Bin Fahdel Al Mazrouei, le ministre d’État chargé de la Défense des Émirats Arabes Unis, a appris BFMTV. Les deux hommes échangeront de la situation liée à la guerre en Iran, entre autres.
10:28 – “Nous ne nous inclinerons jamais” : la réponse de l’Iran face aux menaces de Trump
Donald Trump qui dit croire à un accord avec l’Iran a également mis en suspension sa stratégie de la menace. Il a déclaré dans la nuit avoir annulé au dernier moment une attaque normalement prévue ce mardi en Iran. Le président américain a cependant affirmé sur Truth Social sur les Etats-Unis se tient prêts à lancer une “attaque totale et à grande échelle contre l’Iran à tout moment, si un accord acceptable n’était pas trouvé”. Habitué aux menaces et volte-face de Donald Trump, l’Iran est dit “prêt à toutes les éventualités” et comprend de nouveaux affrontements. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a donné le ton en assurant au nom du pays : “Nous avons des problèmes, mais (les Américains) aussi en ont. Nous ne nous inclinerons pas, (…) nous ne nous inclinerons jamais devant aucune puissance”.
10h00 – Donald Trump estime qu’il y a de “très bonnes chances” de trouver un accord avec l’Iran
Dans la nuit de lundi à mardi, Donald Trump a estimé devant la presse américaine qu’il existait de “très bonnes chances” de parvenir à un accord entre les Etats-Unis et l’Iran. Il a même évoqué la possibilité d’y arriver sans passer par de nouveaux affrontements militaires. “Si nous pouvons faire ça sans leur balancer des bombes à tout-va, j’en serai très heureux”, a affirmé le président américain devant la presse après avoir fait partie d’une évolution “très positive” des discussions. Donald Trump assure par ailleurs que les pays du Golfe comme le Qatar, l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis jugent également un accord possible.
En savoir plus
Le début de la guerre en Iran, lancé par les Etats-Unis et Israël
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe de frappes sur l’Iran. Côté israélien, l’opération est nommée “Roaring Lion” (Lion rugissant), côté américain “Epic Fury” (“Fureur épique”). Les objectifs vont du renversement du régime à l’affaiblissement du programme nucléaire iranien, en passant par la destruction des capacités militaires de la République islamique, jugées comme une menace, notamment par Israël.
En plus de cibler l’arsenal iranien, la coalition israélo-américaine va mener une campagne d’élimination des dirigeants iraniens. Un nombre important de personnalités politiques du régime sont tuées dès les premières heures du conflit, dont le guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba Khamenei, qui a repris le flambeau le 8 mars 2026, a lui aussi été ciblé et son état de santé va rapidement faire l’objet de spéculations.
La réplique de l’Iran et la contagion au Liban et au Moyen-Orient
Dès le 28 février 2026, l’Iran a répliqué aux frappes des Etats-Unis et Israël, en lançant des centaines de drones et missiles balistiques vers Israël et vers les bases militaires américaines dans le Golfe, en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis.
Dans la nuit du 1er au 2 mars, en réponse à la mort d’Ali Khamenei, le Hezbollah, allié de l’Iran, a lancé depuis le Liban des salves de roquettes et de drones vers le nord d’Israël. L’armée israélienne a qualifié cette offensive de « déclaration de guerre officielle » et a lancé une vaste campagne de bombardements au Liban.
Le 2 mars 2026, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, bloquant instantanément de nombreux navires de fret et pétroliers, et suspendant une partie importante du trafic pétrolier mondial. L’Agence internationale de l’énergie a qualifié cette fermeture de “plus forte perturbation d’offre de l’histoire”.

