LE POINT SUR LA SITUATION – Sur les cinq Français rapatriés et placés à l’isolement à l’hôpital Bichat à Paris, l’état de santé d’une femme s’est «malheureusement dégradé cette nuit» et les «tests sont des revenus positifs».
Deux passagers rapatriés du MV Hondius, au cœur d’une alerte sanitaire à l’hantavirus, ont été testés positifs, alors que les ultimes évacuations du navire doivent se poursuivre lundi après-midi depuis l’archipel espagnol des Canaris dans l’Océan Atlantique. L’Espagne s’est défendu de tout laxisme dans ces opérations, assurant avoir pris «toutes les mesures» nécessaire pour éviter une éventuelle propagation de ce virus connu mais rare.
Parmi les 94 croisiéristes et membres d’équipage de 19 nationalités déjà évacués dimanche, un Américain et une Française ont été testés positifs à l’hantavirus, contre lequel n’existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu. Un deuxième passager américain présente des «symptômes légers»a également annoncé lundi le ministère américain de la Santé.
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Les « tests sont revenus positifs »
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l’isolement à Parisl’état de santé d’une femme s’est «malheureusement dégradé cette nuit» et les « tests sont revenus positifs »a annoncé lundi matin la ministre française de la Santé Stéphanie Rist, faisant état de 22 cas contacts identifiés en France. Le gouvernement a toutefois appelé à ne pas céder à «la panique».
«Chez un patient qui développe de la fièvre, il ne serait pas surprenant de voir apparaître quelques cas parmi les contacts proches»un relevé pour sa part du ministère espagnol de la Santé dans un communiqué. La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir lundi soir pour les Pays-Bas, a suscité l’inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) martèle que la situation n’est pas comparable à 2020. À ce stade, trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées après une infection à l’hantavirus.
Une Allemande morte de l’infection
Au port de Granadilla, sur l’île de Tenerife, le bateau de croisière a été ravitaillé en carburant lundi matin. Dans la foulée, le débarquement des derniers passagers et membres d’équipage censés évacuer devait reprendre avec deux vols de rapatriement prévus, dont le dernier en direction de l’Australieavec six passagers. «J’espère que nous pourrons terminer même avant l’heure prévue»a affirmé pour sa part le ministre espagnol de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, sur la radio RNE.
Le Hondius, battant le pavillon néerlandais, quitte ensuite les Canaries avec à son bord toujours environ 30 membres d’équipage. Transportant notamment le corps d’une Allemande morte de l’infection, il reprendra sa route vers les Pays Bas Théoriquement vers 18h00 GMT, d’après les autorités espagnoles. Dimanche, les occupants ont tour à tour quitté le navire, sous surveillance étroite, vêtus de combinaisons de protection individuelle jetables et de masques FPP2, avant de prendre place à bord d’un zodiac pour regagner la terre ferme, où une voiture de l’armée espagnole les attendait pour les emmener jusqu’à l’aéroport de Tenerife-Sud.
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«Chaque personne fera l’objet d’une évaluation clinique»
Chaque pays met en place le protocole sanitaire qui lui semble le plus adéquat, très souvent en suivant les consignes de l’OMS. Ainsi, les 14 Espagnols évacués ont déjà été mis à l’isolement dans un hôpital militaire de Madrid. Les six passagers qui partiront lundi pour l’Australie seront, eux, placés en quarantaine au moins trois semaines, selon le gouvernement à Canberra. En Allemagne, quatre rapatriés, tous asymptomatiques, devront s’isoler à domicile pendant 45 jours. Ces croisiéristes s’ajoutent à une femme, arrivée mercredi à Düsseldorf et testée négative à la clinique locale.
Aux. États-Unis, «chaque personne fera l’objet d’une évaluation clinique et bénéficiera de soins et d’un accompagnement adapté à son état»a détaillé lundi le ministère de la Santé, après qu’un haut responsable avait affirmé que les passagers américains évacués ne seront pas placés en quarantaine. Interrogé sur cette différence par rapport aux autres pays concernés, le patron de l’OMS avait eu dimanche soir que cela «(pouvait) présenter des risques».
La variante du virus détectée à bord du Hondius, l’hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d’homme à homme avec un délai d’incubation pouvant aller jusqu’à six semaines. L’hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l’intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.

