Le pays des mille collines en avance sur la santé connectée
La France soutient également le secteur de la santé au Rwanda, dans un contexte de baisse drastique de l’aide des États-Unis. L’AFD (Agence française de développement) finance la reconstruction de l’hôpital de Ruhengeri, dans le nord du pays, grâce à un prêt de 75 millions d’euros.
L’établissement qui manque de personnel médical compte beaucoup sur le programme « 4X4 » du Rwanda visant à quadrupler le nombre de médecins en quatre ans. La France a détaché des médecins qui forment leurs collègues rwandais. « On les prépare aux équipements modernes du nouvel hôpital. C’est un devoir de solidarité vis-à-vis de l’Afrique », explique Étienne Bétel, médecin urgentiste à l’hôpital de Saint-Chamond (Loire).
« Je parle avec mes collègues en France des cas très compliqués de patients. Le partage d’expérience bénéficie également au CHU de Clermont-Ferrand où j’ai exercé », souligne Antoine Bahati, médecin réanimateur.
Des patients suivis par SMS
La France soutient le projet de 1 000 centres de santé connectés qui va permettre au Rwanda de généraliser les téléconsultations et de rendre la médecine accessible au plus grand nombre. Le pays ne compte que 2 000 médecins dont 300 spécialistes pour 14 millions d’habitants. Les patients ne payent que l’équivalent de 10 centimes d’euro pour ces consultations à distance car 97 % ont une assurance santé.
Le système de santé s’appuie également sur un réseau de 60 000 agents de santé communautaires équipés de smartphones, vivant au plus près des Rwandais dans les villages et les quartiers. Les patients reçoivent des SMS pour le suivi de leur état de santé avant peut-être l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Pour les femmes enceintes, les centres de santé disposent d’une tablette connectée permettant de faire des échographies à distance. Son coût (4 000 euros) est 15 fois inférieur à celui d’un matériel classique d’échographie par ultrasons. « Ce genre d’équipement participe à la réduction de la mortalité maternelle et infantile », explique le docteur Richard Niyongabo, de l’ONG Society for family health. « L’exemple rwandais peut servir de modèle pour réduire les déserts médicaux en France », estime Marie Vicart, chef de projet à Expertise France.

