Les règlements et les institutions ne plaisent pas toujours aux sportifs professionnels. Ce qui a mené à de nombreux boycotts ou grèves par le passé… pour des raisons parfois très différentes.
“Je pense qu’à un moment donné, on va boycotter. Ce sera la seule manière de se battre pour nos droits”. Ce n’est pas la déclaration d’un délégué syndical mais bien de l’actuelle meilleure joueuse de tennis du monde Aryna Sabalenka, critique les dotations trop faibles dans les tournois du Grand Chelem, et notamment Roland-Garros. Et c’est loin d’être la première fois que la menace d’un boycott plan sur une compétition sportive.
Les joueurs du Top 14 contre le Boxing Day
En 2016, la Ligue nationale de rugby (LNR) avait l’intention de mettre en place des journées de championnat le 24 décembre. Une décision très mal accueillie par les principaux acteurs du championnat. Le syndicat de joueurs professionnels Provale avait alors fait pression en affirmant vouloir “mettre en place une action collective pour faire entendre leur voix”.
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Pour éviter une nouvelle fronde, la LNR avait programmé sa 13e journée de Top 14 en fonction de la proximité géographique pour éviter des déplacements trop importants aux joueurs et aux supporters. Seul le derby francilien entre le Racing 92 et le Stade Français avait été organisé le samedi 24 décembre. Le déplacement de Lyon à Toulon, seul match à ne pas être un derby, avait en revanche été organisé le jeudi 22.
Des boycotts géopolitiques aux Jeux olympiques
Certaines éditions ont été marquées par la non-invitation de certains pays. Ce fut par exemple le cas de l’Allemagne et de ses alliés après les guerres mondiales, ou de l’Afrique du Sud à cause de l’apartheid entre 1964 et 1992. D’autres ont été marqués par de réels boycotts des fédérations, pour des raisons géopolitiques.
La Guerre Froide en a été le théâtre à plusieurs reprises. En 1956, l’Égypte, l’Irak et le Liban s’absentent pour protester contre l’invasion franco-anglo-israélienne du Canal de Suez. Lors de ces olympiades de Melbourne, de l’Espagne, de la Suisse et des Pays-Bas n’étaient pas là non plus. Ils exprimaient leur mécontentement par rapport à la présence soviétique suite à l’insurrection de Budapest.
En 1964 et 1976, d’autres nations annoncent ne pas vouloir participer. Mais c’est surtout lors des Jeux de 1980 à Moscou et de ceux de 1984 à Los Angeles que le parallèle est le plus frappant : une soixantaine de pays ne se présente pas en Russie et quinze autres ne viennent pas en Californie.
Le fiasco de Knysna
Lors des cinq dernières Coupes du monde de football, l’Équipe de France a remporté le trophée suprême une fois, atteint la finale à deux reprises et s’est arrêtée en quarts face aux futurs champions du monde. Et le cinquième tournoi ? 2010, ce n’est pas qu’une élimination en phase de poules face au Mexique, à l’Uruguay et à l’Afrique du Sud. C’est aussi l’une des crises les plus graves du football français.
Nicolas Anelka, qui aurait insulté le sélectionneur Raymond Domenech à la mi-temps du deuxième match, est suspendu par la Fédération française de football. Les joueurs décident alors de soutenir leur coéquipier et de boycotter l’entraînement du 20 juin 2010. Deux jours plus tard, les Bleus quittent la compétition, battus 2 à 1 par l’Afrique du Sud.

