
Elles s’appellent Jalila, Salwa et Marwa : trois femmes, trois visages de la Tunisie contemporaine qui, en plein printemps arabe, vont se réfugier dans un hôtel où le temps et les duretés de l’époque semblent ne pas avoir de prise. Le nom de cet hôtel, c’est La maison dorée, c’est aussi le titre du film de notre invitée du jour : Selma Baccar.
Selma Baccar est une pionnière du cinéma tunisien, à la fois réalisatrice, productrice et femme politique. Elle se fait remarquer en 1975 avec son premier long métrage Fatma 75 considéré comme le premier film féministe tunisien, un film longtemps censuré. Elle n’a ensuite jamais dévié de cette ligne d’un cinéma engagé, explorant la mémoire et l’identité des luttes féminines.
Selma Baccar s’est également illustrée en politique après la révolution de 2011 en devenant membre de l’Assemblée constituante. La maison dorée est née de ces années-là et en porte la marque.
À l’affiche de notre cinéma également ce samedi, la sortie en salles en Tunisie d’un film d’une cinéaste de la Nouvelle vague du cinéma tunisien : UN voix bassede Leïla Bouzid. Dans ce film qui aborde de face le tabou de l’homosexualité féminine, Selma Baccar joue le rôle de la matriarche, gardienne des traditions et du secret.
Musiques : Waahli – « Fais le pas » (titre de la playlist de RFI) et IDK ft Pusha T – « Life 4 a life »

