À l’occasion de la célébration officielle de la Fête du Travail à la Primature, le ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, Adama Kamaraa livré une allocution empreinte de reconnaissance, de lucidité et d’ambition. Devant les autorités gouvernementales, les partenaires sociaux et les représentants des travailleursil a salué les acquis du dialogue social tout en appelant à un engagement accumulé en faveur de la protection sociale et de l’emploi.
Dès l’entame de son discours, le ministre a rappelé la portée symbolique du 1er mai, « un hommage vivant à toutes celles et à tous ceux qui contribuent, par leur labeur quotidien, au rayonnement de la nation ». Citant Albert Camus, il a insisté sur la noblesse du travail, tout en soulignant la nécessité de lui donner un sens humain et digne.
Le ministre a également rendu un hommage appuyé au Premier ministre Robert Beugré Mambé, qu’il a présenté comme un artisan clé du dialogue social en Côte d’Ivoire. Selon lui, la stabilité sociale actuelle repose sur une culture du dialogue renforcé, notamment à travers la trêve sociale 2022-2027, fruit d’un consensus entre l’État, les employeurs et les syndicats.
Adama Kamara a mis en avant les progrès enregistrés ces dernières années en matière d’emploi, de formation professionnelle et de protection sociale. La mise en œuvre de la Politique nationale de l’emploi et de la Stratégie nationale de transition vers l’économie formelle a contribué à rendre le marché du travail plus inclusif et dynamique.
Dans le domaine de la formation professionnelle, il a souligné la volonté du gouvernement de moderniser le système d’apprentissage afin d’en faire un levier de compétitivité économique. Des réformes sont également en cours au sein d’institutions clés comme le Fonds de développement de la formation professionnelle et l’Agence nationale de la formation professionnelle.
Cependant, le ministre a reconnu que des défis majeurs subsistaient, notamment la prédominance du secteur informel et l’arrivée annuelle de près de 400 000 jeunes sur le marché du travail, nécessitant des réponses structurelles fortes.
L’un des temps forts de son intervention a porté sur la protection sociale. Le ministre a salué l’adhésion croissante des populations à des dispositifs tels que la Couverture maladie universelle (CMU), la retraite complémentaire et le Régime social des travailleurs indépendants (RSTI).
Il a toutefois insisté sur la nécessité pour les bénéficiaires de s’acquitter régulièrement de leurs cotisations : « Les cotisations sociales ne sont pas des impôts, mais une épargne différée au service de votre sécurité et de celle de votre famille », at-il martelé.
S’adressant particulièrement aux fonctionnaires et agents de l’État, il les a encouragés à souscrire davantage aux mécanismes de retraite complémentaires afin de garantir des pensions plus avantageuses. Il a également invité les travailleurs du secteur informel à intégrer massivement le RSTIqui offre des prestations comparables à celles du secteur formel, notamment en cas de maladie, d’accident ou de maternité.
Sur le plan du travail, Adama Kamara a évoqué l’adoption de plusieurs décrets d’application du Code du travail ainsi que l’opérationnalisation du Comité technique consultatif sur la santé et la sécurité au travail. Ces mesures visent à améliorer les conditions de travail et à renforcer la protection des travailleurs.
Il a également rassuré les victimes d’accidents du travail quant à la détermination de son ministère à faire respecter leurs droits.
Par ailleurs, le ministre a salué les avancées significatives dans la lutte contre le travail des enfants, grâce à l’engagement de Dominique Ouattara, Première Dame de Côte d’Ivoire et présidente du Comité national de surveillance des actions de lutte contre ce fléau.
En conclusion, le ministre a réaffirmé la vision du président Alassane Ouattara, qui ambitionne de bâtir une Côte d’Ivoire prospère, inclusive et fondée sur la justice. sociale. Citant le poète latin Virgile, il a rappelé que « le travail vient à bout de tout », appelant ainsi à une mobilisation collective pour relever les défis à venir.
Dans un contexte de mutations économiques et sociales, ce message se veut un appel à la responsabilité partagée entre l’État, les employeurs et les travailleurspour construire un avenir fondé sur le dialogue, la solidarité et la dignité du travail.
Wassimagnon
