Durant tout le mois d’avril, le Centre de Transcription et d’Edition en Braille propose aux déficients visuels de faire imprimer le livre de leur choix transcrit en braille.
Voilà deux cents ans, Louis Braille, un jeune français devenu aveugle invente un alphabet qui va permettre à des millions de déficients visuels d’accéder à la lecture…
Le braille, un alphabet, un code inventé par Louis Braille.
Louis Braille (1809-1852) est un inventeur français, devenu aveugle à l’âge de trois ans à la suite d’un accident dans l’atelier de son père. Malgré son handicap, il poursuit une scolarité brillante et intègre l’Institution royale des jeunes aveugles. En 1825, âgé de quinze ans, il développe un système d’écriture tactile à point saillants : le braille. Inspiré par une méthode de communication nocturne conçue par Nicolas-Charles-Marie Barbier de La Serre pour l’armée, il simplifie et adapte ce principe pour créer un alphabet composé de points en relief, permettant aux aveugles de lire et d’écrire de manière autonome. Son système, basé sur six points organisés en cellules, offre une accessibilité aux textes, à la musique et même aux mathématiques ce qui ne permettait pas l’alphabet inventé par Barbier de la Serre. Il faudra près de 25 ans pour que ce système soit adopté en France !
Le braille n’est donc pas une langue, mais un code. A chaque caractère d’imprimerie, correspond un code. On doit donc d’abord apprendre sa langue maternelle avant de pouvoir lire en braille nous explique Denis Guérin du CTEB. Aujourd’hui utilisé dans le monde entier, ce code est un système universel qui varie selon les langues. Il a transformé la vie des personnes malvoyantes en leur donnant accès à l’éducation et à la culture.
Favoriser l’édition de livres en braille
Manque de professeurs, manque de manuels : aujourd’hui seulement 15% de déficients visuels lisent le braille. C’est la raison pour laquelle, durant tout le mois d’avril, le CTEB à Toulouse propose aux déficients visuels d’éditer le livre de leur choix. C’est la première initiative de ce genre. Cela coute très cher d’éditer un livre. Seulement 4% des livres sont adaptés en braille aujourd’hui nous précise Denis Guérin.
Le braille est aussi très utilisé au Cameroun depuis les années 1960 : Coco Bertin qui dirige le CJARC à Yaoundé. Ce centre propose une formation à la lecture et à l’écriture en braille, mais aussi la production de livres en braille : Nous sommes de plus en plus sollicités partout en Afrique pour former à la lecture et à l’écriture en braille. Il y a énormément de sensibilisation et de plus en plus d’écoles inclusives.
Le braille sera peut-être inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO d’ici la fin 2026.
Invitations :
Denis Guérin, chargé de communication du CTEB (Centre de Transcription et d’Edition en Braille) basé à Toulouse. C’est le seul centre de transcription français des livres en braille en France.
Coco Bertin, expert en développement inclusif et directeur général du Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC). C’est une ONG qui s’occupe de la formation et de l’insertion sociale des personnes déficientes visuelles.
Et la chronique Ailleurs nous emmène à Abidjan, en Côte d’Ivoire pour parler du SILA le Salon International du Livre Africain qui réunit une vingtaine de pays et qui met à l’honneur cette année, le Liban.
Programmation musicale :
L’artiste Von Felt, avec le titre Tais-toi ! un titre en français


