Le Togo a annoncé, lundi, son intention de soumettre à l’Organisation des Nations Unies (ONU) une proposition visant à remplacer la projection de Mercator par une carte du monde considérée comme plus fidèle aux superficies réelles, en particulier celles du continent africain. Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a indiqué qu’un projet de résolution était en cours de préparation, avec un vote envisagé lors de la prochaine Assemblée générale de l’ONU en septembre.
Selon Robert Dussey, la démarche consistera à demander aux États membres de se prononcer sur l’adoption d’une représentation cartographique différente de celle utilisée depuis plusieurs siècles dans de nombreux supports éducatifs et institutionnels.
Une projection historique contestée
La projection de Mercator, élaborée au XVIe siècle par le cartographe Gérard Mercator pour les besoins de la navigation maritime, est aujourd’hui encore largement utilisé dans les écoles, les plateformes numériques et certaines organisations internationales. Elle conserve les angles mais déforme les surfaces.
Dans cette représentation, les régions situées près des pôles apparaissent agrandies. L’Amérique du Nord et le Groenland sont ainsi visuellement amplifiés, tandis que les zones proches de l’équateur, dont l’Afrique et l’Amérique du Sudapparaissent réduites par rapport à leur taille réelle.
Des écarts de perception sur les continents
Les critiques de cette projection soulignent que cette déformation entraîne des écarts importants dans la perception des territoires. L’Union africaine, qui a mandaté le Togo dans le cadre de la campagne « Corriger la carte »estime que cette représentation contribue à sous-évaluer visuellement l’importance géographique du continent africain.
Des comparaisons couramment citées indiquent que le Groenland peut sembler proche de la taille de l’Afrique sur certaines cartes, alors que le continent africain est environ quatorze fois plus vaste, selon les données de superficie généralement admises par les institutions géographiques internationales.
La Commission de l’Union africaine considère que ces représentations influencent la manière dont les sociétés perçoivent les équilibres mondiaux, notamment dans les domaines éducatifs et médiatiques.
Une initiative portée à l’échelle multilatérale
La proposition togolaise vise désormais une adoption formelle au niveau de l’ONU. Le ministre Robert Dussey a précisé que la campagne repose sur une volonté de privilégier une représentation jugée plus fidèle des surfaces continentales, en remplacement de la projection de Mercator dans les usages institutionnels.
Aucune précision n’a encore été donnée sur la projection cartographique alternative qui serait proposée dans le texte final, même si plusieurs modèles récents, dont ceux utilisés en géographie contemporaine, sont déjà présentés comme plus équilibrés dans la restitution des superficies.
Le calendrier évoqué prévoit un dépôt du projet de résolution avant la prochaine Assemblée générale des Nations unies en septembre, où un vote des États membres pourrait être organisé sur la question de la représentation cartographique officielle utilisée dans les cadres internationaux.

