
- La triste Samba des cacaoculteurs
L’Entente Sportive d’Agboville (ESA), notre fierté locale qui évolue depuis le début de la saison 2025-2026 en Ligue 1 semble avoir confondu la montée en Ligue 1 avec une croisière touristique. Après la gifle reçue ce week-end, le dimanche de Pâques, jour de la résurrection du Christ où le Club omnisports de Korhogo (COK) l’a défait sur un score sans appel (3-1) les ont déclaré à la lanterne rouge (dernier). Cette énième défaite intrigante et fâcheuse nous amène à dire les vérités qui fâchent.
On ne peut plus le cacher : le recrutement est au centre du désastre de l’équipe de l’Entente sportive d’Agboville (ESA). Le président Moussa Sawadogo semble avoir décidé d’assouvir un vieux rêve d’enfant : voir des Brésiliens fouler la pelouse d’Agboville. Le football de haut niveau n’est pas un album Panini. En s’attachant les services de joueurs brésiliens aux « talents approximatifs », le président Moussa Sawadogo a privilégié l’exotisme au détriment de l’efficacité. On nous promettait du Joga Bonito, on assiste à une parodie de football où nos « stars » importées semblent chercher leur chemin sur le terrain. Importer du cacao au Brésil aurait sans doute été plus rentable que d’importer ces joueurs à l’ESA. Surnommés les Cacaoculteurs, les joueurs de l’ESA sont censés représenter la force et la sueur de notre terre. Mais aujourd’hui, la récolte est pourrie. L’identité du club est diluée dans ce recrutement fantaisiste. En préférant des noms ronflants sur le passeport à l’équipe des guerriers locaux qui connaissent les qualités de la Ligue 1, la direction a brisé l’équilibre de l’équilibre. Résultat : une défense aux abois, un milieu inexistant et une attaque qui ne fait peur à personne.
Dans toute cette mascarade, une question se pose : Quel est le rôle du directeur sportif ?
Normalement, le DS est le garant de la cohérence technique. Son rôle est de trouver des joueurs talentueux et s’imposer comme le véritable responsable technique de l’équipe. Il devrait faire savoir au président que le Brésil ne vend pas que des cracks. Et qu’on ne peut et on ne doit pas aller ‘ramasser’ des joueurs de quartiers pour en faire des pions essentiels dans un championnat qui ne rigole pas du tout. Et c’est bien dommage qu’il apparaît dans son rôle comme un vrai fantôme qui n’a pu cibler les besoins réels du club. Car, on ne recrute pas par nostalgie ou encore par envie mais par nécessité tactique. L’on est en droit de s’interroger sur le niveau réel de ces joueurs ‘importés’ qui n’ont rien apporté à notre équipe locale, la fierté de la ville et du département tout entier d’Agboville. Certes, le Brésil est un vivier de bons et grands joueurs que le monde a connus. Ronaldo, Ronaldinho, Rivaldo, Neymar, Vinicus Junior et bien d’autres ont apporté la preuve de leurs qualités de joueurs talentueux qu’ils sont ou ont été. Le charisme de ces grosses points du football brésilien ne justifie pas le recrutement de ces joueurs brésiliens à l’ESA. Un joueur ne devient pas bon juste parce qu’il parle portugais. Et le comble, à l’ESA, le Directeur Sportif semble avoir démissionné de ses responsabilités ou est réduit au rôle de simple spectateur du « Show Sawadogo ». Un Directeur Sportif digne de ce nom aurait dû tirer la sonnette d’alarme bien avant que l’équipe ne sombre dans la zone de relégation. Cette politique de gestion catastrophique risque de pousser l’équipe dans les bras de la Ligue 2.
Nous osons espérer que l’ESA, d’ici-là, reviendra à sa politique autocratique de gestion pour les sept (7) dernières journées afin de faire changer l’ordre établi actuellement où il tire le diable par la file d’attente. À l’inverse, si rien ne change, le séjour en Ligue 1 ne sera que de courte durée. Car le football ivoirien est exigeant, physique et ne pardonne pas l’amateurisme déguisé en prestige. Et le message est clair : Monsieur le Président, rangez vos rêves de Copa Cabana et redonnez à l’ESA son ADN de combattant. À force de vouloir danser la Samba, les Cacaoculteurs sont en train de glisser tout droit vers la Ligue 2. Et là-bas, le réveil sera très douloureux.
Stéphane N’gnira à Agboville avec la Chronique de FC sur la RVA
angodjou@gmail.com
Légende photo : Moussa Sawadogo, président du club ESA, présentant l’une de ses recrues brésilienne Jackson Carlos Da Silva porteur du dossard 25 au public en présence du coach Sportif Danton Morales, lui-même Brésilien
