
Les quatre astronautes de la mission Artémis II s’apprêtent à survoler la Lune. Ce dimanche 5 avril, au cinquième jour de leur mission, ce n’est plus l’attraction terrestre mais l’attraction lunaire qui domine à bord du vaisseau spatial Orion. Point d’étape.
À travers le hublot de leur vaisseau spatial, les astronautes de la mission Artemis II voyez la Lune grossir à vue d’œil. Ils sont les premiers à bénéficier de cette perspective unique sur notre satellite et, surtout, les premiers Terriens à observer sa face cachée. Lundi 6 avril, au sixième jour de leur mission, Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen s’apprêtent à vivre un moment extraordinaire : six heures d’adrénaline pure lors de leur survol du versant sombre de la Lune, invisible depuis la Terre. À bord de la capsule Orion, ils se trouveront à environ 6 600 kilomètres de la surface lunaire, qui leur apparaîtra, pour donner une idée, aussi grande qu’un ballon de basket tenu à bout de bras. On les imagine sans peine, collés au hublot, pour observer et photographier le sol lunaire comme aucun humain ne l’a jamais fait.
L’un des principaux objectifs de leur mission autour de la Lune est d’ailleurs d’identifier, grâce à leur regard humain, les terrains les plus favorables à un futur alunissage, voire à l’installation d’une base lunaire. L’équipage tentera également de capturer les images spectaculaires du « levier de Terre », 58 ans après la célèbre photo prise par Apollo 8. Si le timing est bon, les astronautes pourraient aussi battre un autre record, celui établi par Apollo 13 en 1970 : celui de l’équipage s’étant le plus éloigné de notre planète.
Cette mission Artemis II cumule ainsi les records, tout en préparant le retour des humains sur la Lune. Un objectif qui, cependant, ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté scientifique. Beaucoupnt doutent en effet de la faisabilité d’une base lunaire habitée, mais aussi de l’intérêt purement scientifique d’envoyer des humains plutôt que des robots pour des missions de longue durée. « Pourquoi le retour de l’humanité sur la Lune enthousiasme-t-il si peu les scientifiques ? », s’interrogeait même un article de la revue Nature.
Entre les retards accumulés par le programme Artemis et l’incapacité à ce jour de construire un alunisseur opérationnel – malgré les annonces de l’administration Atoutqui a depuis renforcé son prise sur la Nasa –, le retour des humains sur la Lune semble de plus en plus hypothétique. Ce dernier est pourtant annoncé pour 2028 ou 2029 côté américain. En attendant, les quatre astronautes d’Artemis II testent à bord d’Orion les capacités humaines à résister aux radiations solaires dans l’espace profond. Des échantillons de leurs propres cellules ont été prélevés avant le décollage : une partie est conservée sur Terre pour être comparée aux échantillons embarqués, afin d’analyser les dommages cellulaires subis pendant ces neuf jours de mission en orbite lunaire. Le tout dans un espace confiné de 9m², que les astronautes peuvent heureusement occuper intégralement, du sol au plafond et dans tous les sens, grâce à l’impesanteur.
Il reste à souhaiter la plus belle des odyssées lunaires à ces explorateurs, qui cumulent déjà, à eux quatre, une impressionnante série de records. Reid Wiseman, le commandant de la mission, est l’astronaute le plus âgé en mission, 50 ans. Victor Glover est le premier astronaute noir afro-américain à participer à une mission lunaire. Christina Koch, quant à elle, est la première femme à prendre part à une telle aventure et possède déjà le record du plus long séjour dans la Station spatiale internationale, de 364 jours. Enfin, Jeremy Hansen est le premier non-Américain – il est Canadien – à s’envoler vers la Lune. Leur retour sur Terre est prévu vendredi 10 avril, avec un amerrissage au large du Pacifique.
À lire aussiLa fusée de la mission Artemis II a décollé pour un voyage de dix jours autour de la Lune

