Jessica Rodriguez, entrepreneure péruvienne profondément attachée à son patrimoine culturel, œuvre pour valoriser la fibre d’alpaga. Fondatrice de la marque Anntarah, elle met en lumière les techniques traditionnelles, la richesse textile locale. Elle milite pour l’autonomisation des femmes et la pérennité de cette fibre noble, symbole du patrimoine inca et andin. Son parcours prouve que mode, culture et engagement social peuvent se conjuguer pour bâtir un avenir plus durable.
« Investir dans une femme, ce n’est pas investir dans une personne ; c’est investir dans une famille, une communauté entière », assure la fondatrice de la marque Anntarah.
Jessica Rodriguez a grandi à Arequipa, dans le sud du Péroubercée par les paysages majestueux des Andes et les traditions textiles locales. Dès son enfance, elle est fascinée par les alpagas, ces animaux emblématiques qui gambadent librement dans les montagnes, et par les savoir-faire ancestraux de son pays. « Le savoir-faire au Pérou, est incroyable parce qu’il vient de l’époque des Incas », explique-t-elle. Les artisans péruviens utilisent encore aujourd’hui des techniques traditionnelles, comme les teintures naturelles à base de plantes ou les tricots à la main, pour créer des pièces uniques et colorées.
Pour Jessica Rodriguez, chaque création est une œuvre d’art, mais également un hommage à son héritage. Anntarale nom de sa marque, évoque le doux fils de la flûte andine et incarne la féminité et la beauté des pièces qu’elle conçoit. Ses collections, inspirées par des éléments culturels péruviens comme la danse « marinera nortena » ou les paysages du lac Titicaca, mêlent histoire, géographie et traditions dans un univers riche et vibrant.
L’héritage inca, une source d’inspiration intarissable
Le parcours de Jessica Rodriguez est marqué par des rencontres déterminantes. Après des études en administration des entreprises, elle part en France dans le cadre d’un échange culturel. Ce séjour à Paris lui ouvre de nouvelles perspectives. « Je suis venu en France pour apprendre le français, mais j’ai découvert un nouveau monde », confie-t-elle. À son retour au Pérou, elle travaille dans une usine de transformation de fibres d’alpaga, où elle est chargée d’accompagner des clients étrangers dans les montagnes pour leur montrer l’habitat des alpagas.

C’est lors de ce voyage qu’elle prend conscience de la beauté et de la valeur de son héritage. « La première fois que je suis allée là-bas, je n’arrive pas à croire à quel point c’était beau. J’ai su alors que je passerais le reste de ma vie à faire quelque chose en lien avec cet héritage », raconte-t-elle. Cette révélation la pousse à créer Art Atlas, une structure spécialisée dans la confection de vêtements en alpaga et coton, puis la marque Anntarah, qui lui permet de partager sa passion avec le monde entier.
L’autonomisation des femmes, une priorité absolue
Pour Jessica Rodriguez, l’entrepreneuriat ne se limite pas à la création de vêtements. C’est aussi un moyen de redonner du pouvoir aux femmes rurales du Pérou, souvent confrontées à des conditions de vie difficiles. « Il y a beaucoup de femmes au Pérou qui n’ont pas pu finir l’écoleexplique-t-elle. Je me souviens d’une rencontre marquante dans les Andes, avec une mère de famille qui m’a dit : “J’aimerais bien apprendre à tricoter”. »
Cette rencontre est le point de départ d’un projet ambitieux : la création de programmes de formation pour les femmes leur permettant d’acquérir des compétences en tricot et en tissage. Ces formations leur offrent une indépendance financière et la possibilité de subvenir aux besoins de leur famille. « Investir dans une femme, ce n’est pas investir dans une personne, c’est investir dans une famille, une communauté entière », souligne Jessica Rodríguez.

Grâce à son engagement, elle a également pu construire des écoles pour les enfants défavorisés du Pérou, en collaboration avec des partenaires internationaux. « J’ai montré qu’avec peu de ressources, on peut faire un énorme changement dans la vie de beaucoup de femmes, simplement avec la volonté de leur enseigner à être indépendantes », affirme-t-elle.
Préserver l’alpaga, un combat pour l’avenir
En tant que présidente de l’Association internationale de l’alpaga, Jessica Rodriguez œuvre pour préserver cette fibre unique, dont le Pérou est le premier producteur mondial. « Tout cet amour pour le Pérou, pour notre héritage, m’a amenée à travailler pour toute la chaîne de valeur de l’alpaga », explique-t-elle. Contrairement à d’autres industries textiles, comme celle de la laine de mouton, la filière de l’alpaga reste intégrée et locale, ce qui en fait un modèle de durabilité.

Jessica Rodriguez milite pour que cette industrie reste entre les mains des Péruviens et ne subisse pas les mêmes dérives que d’autres filières. « Nous ne voulons pas que l’alpaga soit détruit. Nous devons travailler pour que cette chaîne de valeur continue de prospérer, tout en aidant les petites entreprises à se développer. », insiste-t-elle. Pour elle, l’alpaga n’est pas seulement une fibre : c’est un symbole de résilience, de tradition et d’espoir pour les générations futures.
Jessica Rodriguez prouve que la mode peut être bien plus qu’un simple secteur économique. C’est un levier de changement social, un moyen de préserver un héritage culturel et de redonner du pouvoir aux communautés. Son histoire nous rappelle que la passion, lorsqu’elle est guidée par l’engagement, peut transformer des vies.

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