
Avec le producteur Arnaud Contreras, L’Atelier des médias redécouvrez les fanzines. À l’heure du tout numérique, ces publications indépendantes sur papier n’ont pas perdu leur raison d’être.
Bazooka, Le Dernier Cri, Bongoût, Renifler la colle, Abus dangereux, Compote de Potes, ComtesseH13, Nunuché, Remède Miracle… Autant de titres et de collectifs de fanzines – qu’on abrège aussi en zines –, contraction des mots anglais fanatique et revuetype de publication que L’Atelier des médias rencontré à l’honneur dans cet épisode.
Le voyage commence à la Fanzinothèque de Poitiersun lieu ressource créé en 1989, qui conserve plus de 60 000 fanzines soigneusement classés. Fils directeur, Andrew Halesdit « Andy », explique comment le lieu est organisé et rappelle que le principe du fanzine a été lancé dans les années 1930 par des « fanatiques de science-fiction » qui ne découvre pas, dans la presse traditionnelle, de magazines traitant des sujets qui les passionnaient. Ensuite, il a explosé avec la mouvance punk dans les années 1980.
La définition d’un espace de liberté
Pour Andy, le fanzine s’analyse aujourd’hui comme une réponse à la surveillance et à l’éphémère du numérique. Les « créateurs se méfient un peu de l’espace numérique et de l’internet. Ils ont envie de revenir créer dans un espace moins surveillé et faire des choses sur du papier qui est distribuée entre des gens de main en main ».
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Marie Bourgoincofondatrice de la Fanzinothèque et auteur du livre Fanzinoramasouligne que la technique importe peu face à l’envie de s’exprimer : « Il n’y a pas de mode d’emploi en fait. Je crois que c’est surtout la passion. »
Marie Bourgoin insiste sur la dimension physique : « On a besoin de contact physique, de papier, de toucher les objets et ça nous manque beaucoup dans le numérique. Le papier vieillit bien », assure-t-elle.
Un acte politique et collectif
Si certains créent des egozinesvéritables journaux intimes publiables – à l’instar de Rodolphe Cobetto Caravanes qui définit sa pratique comme « le côté journal intime publiable » –, beaucoup voient dans le fanzine un moteur de partager.
À Paris, au Point FMRle collectif Rue Poule Zines a organisé un atelier pour « faire ensemble ». Annemembre du collectif, explique que l’enjeu dépasse la simple création artistique : « C’est quelque chose de politique de faire quelque chose de collectif, de créatif et de non lucratif. C’est une forme de résistance ».
Face à l’émergence de l’intelligence artificielleces créateurs revendiquent l’authenticité du geste manuel : « On fait des choses en papier et en fait on crée des relations en vrai. C’est pas artificiel, c’est pas virtuel ».
Si vous voulez vous aussi vous essayez de faire un fanzine avec une simple feuille A4, suivez ce lien : COMMENT FAIRE UN ZINE
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