Par Luc Bourrianne
Dimanche soir, on se demandait si cet entre-deux-tours serait pour la gauche française celui de la réconciliation aveugle ou de la nécessaire clarification. Elle s’est finalement offerte aux deux. Sur l’autel d’une réconciliation éphémère, les trois grandes composantes de l’ex-Nouveau front populaire ont clarifié ce qu’elles n’étaient pas, ou plus.
La France Insoumise n’est pas qu’un parti antiraciste et antifasciste. S’il l’était aussi viscéralement qu’il le scande dans ses manifs, son candidat marseillais n’aurait pas mis près de deux jours avant de se désister d’un examen où il est arrivé en quatrième position et où le Rassemblement national peut prétendre l’emporter dimanche prochain.
Les Écologistes n’ont pas leurs seules convictions comme boussole. Leurs élus ont fait peu de cas de leurs alliances de première tournée au moment d’assurer la victoire via des fusions avec LFI. Un hôtel de ville vaut bien le sacrifice de quelques Place publique. Les jeunes maires écolos élus en 2020 ont pris goût au pouvoir. En 2026, ils ont manœuvré en routiers aguerris de la politique.
Quant au Parti socialiste, il a démontré qu’il n’était plus un grand parti. En claironnant qu’il n’y aurait pas d’accord national avec les Insoumis tout en laissant ses ouailles batifoler avec celles de Jean-Luc MélenchonOlivier Faure a acte son inutilité. Le PS n’est plus qu’un parti de bourgades, loin du parti de gouvernement qu’il fut.
La gauche française pourrait payer très cher ces victoires municipales qui s’annoncent.

